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Davantage que les sanctions, c’est la volonté de Moscou de mettre toutes ses ressources au service du militaire qui freine l’économie. Une stratégie similaire à celle qui avait précipité la chute de l’URSS.
Depuis l’invasion de l’Ukraine, le 24 février, huit paquets de sanctions européennes et occidentales ont été adoptés à l’encontre de la Russie. « Nous sommes déterminés à ce que le Kremlin paye le prix », a encore répété la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, fin septembre, pour qui, sans aucun doute, « les sanctions marchent ». Instaurées par l’Union européenne et les États-Unis depuis 2014 après l’intégration de la Crimée à la Fédération de Russie, elles ont atteint en huit mois un niveau sans précédent. Cette série a été encore amplifiée début octobre. Les embargos visent désormais le secteur énergétique – charbon et pétrole –, les matières premières – fer, acier, bois, ciment, or –, les technologies – informatique, électronique, optique, électrique –, les semi-conducteurs et les médicaments. Un autre volet concerne le système financier avec l’éviction des banques russes du système d’échange international Swift et l’interdiction de financements publics ou d’investissements en Russie.
Sont-elles efficaces, comme l’affirme Ursula von der Leyen ? Dans son rapport d’automne, le Fonds monétaire international (FMI) indique que le produit intérieur brut (PIB) russe devrait se contracter de 3,4 % en 2022. Soit bien moins que la forte chute de 6 % sur laquelle l’institution tablait lors de ses précédentes prévisions en juillet : « La contraction de l’économie russe est moins sévère que prévu, reflétant la résilience des exportations de pétrole brut et de la demande intérieure, avec un soutien accru des politiques budgétaire et monétaire et un rétablissement de la confiance dans le système financier », détaille-t-il.
Le FMI évoque le rôle de la Banque centrale russe, qui a adopté « la bonne position » en menant « une politique monétaire restrictive ». Si, le 4 mars, un dollar s’échangeait contre 132 roubles, elle a évité l’envolée de la monnaie russe en limitant fortement les échanges de devises et en baissant à plusieurs reprises le taux directeur. Un sujet de préoccupation majeur pour l’exécutif russe, car il alimente la hausse des prix. Au mois d’avril, l’inflation a battu un record datant de 2002 : 17,8 % sur un an. Selon des chiffres publiés par Rosstat, en septembre, la hausse s’est établie à 13,68 % sur un an. Les produits de base sont fortement touchés : le sucre (+38 %), les céréales (+27 %), les pâtes (+24 %), le beurre (+23 %), le lait (+20 %) ou encore le pain (+18 %). Cette inflation pèse sur les Russes, qui ont peu d’épargne, et dont les salaires ont baissé.
Le facteur le plus inquiétant vient du pouvoir lui-même. Moscou s’est lancé dans une économie de guerre. Face aux livraisons d’armes occidentales à l’Ukraine qui n’ont cessé de s’accroître, le président russe, le conseil de sécurité et son gouvernement veulent répliquer. Ils ont clairement accéléré l’effort de guerre de nombreux secteurs économiques. Vladimir Poutine l’a d’ailleurs répété à maintes reprises. Avec les victoires ukrainiennes qui se sont multipliées lors d’une vaste contre-offensive, début septembre, une forte pression a également été mise sur le secteur de l’armement et les responsables sécuritaires (défense, service de renseignements, armée, etc.).
À deux reprises, ces dernières semaines, le chef de l’État a réclamé d’« accélérer les capacités de production » pour « au plus vite permettre de livrer les armements nécessaires » à l’armée. La priorité est claire : éviter une défaite. Les besoins de l’armée sont donc prioritaires, comme l’illustrent la mobilisation lancée le 21 septembre et les lois martiales décrétées le 19 octobre. Population, entreprises, médias, infrastructures, État, tous doivent répondre à une logique de guerre. Il faut pouvoir assurer les conditions de prise en charge de 300 000 personnes destinées à aller au front.
Car matériel et équipements ne sont pas exempts de défauts. Pour y répondre, la Russie a importé un certain nombre d’équipements comme les drones iraniens Shahed 136, Arash-2, Mohajer-6. Un coût non négligeable qui impacte les réserves : 16,2 milliards de dollars (16,16 milliards d’euros) ont été débloqués du principal fonds souverain de Russie pour combler le déficit budgétaire, financer les dépenses et « assurer l’équilibre du budget fédéral », a indiqué le ministère russe des Finances. Le fonds souverain de la protection sociale russe s’élevait, au 1er octobre, à 188 milliards de dollars, selon le gouvernement. D’autres fonds existent, comme le Fonds d’investissement direct russe (Rdif), créé en 2011, qui dépasse les 40 milliards de dollars. Certains dressent le parallèle entre la guerre en Afghanistan, qui a précipité la chute de l’économie soviétique, et celle en Ukraine…
Ce qui sauve jusqu’à présent l’économie russe demeure le prix du baril de pétrole. La reprise de l’activité, après deux années de pandémie et de confinement, a engendré une forte demande, qui s’est heurtée aux capacités de production et aux coûts de transport. Le prix du baril de pétrole dépassait déjà les 90 dollars avant le 24 février. Depuis l’invasion, les sanctions, la récession mondiale n’ont fait que provoquer une hausse supplémentaire, jusqu’à 123 dollars en juin. Aujourd’hui, il semble stagner autour des 90 dollars, et Moscou l’exporte vers la Chine, l’Inde, la Turquie à des prix réduits.
L’UE a acté la fin des importations de charbon et de pétrole russes, mais de manière progressive, d’ici à la fin 2022. Tous les regards se portent vers 2023. Le FMI table sur une croissance russe qui devrait se contracter de 2,3 %. Du reste, l’institution évoque une récession globale, y compris pour les pays occidentaux.
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