La cymbalaire des murs (Cymbalaria muralis), appelée aussi ruine-de-Rome ou linaire cymbalaire, est une plante vivace rampante ou pendante, d’une excellente rusticité (-20°C), originaire des rochers du bassin méditerranéen, notamment d’Italie ce qui explique son nom. En effet, elle est typique des murs des vieux monuments et de tous ceux, même plus récents, construits au mortier de sable et de chaux selon des techniques d’autrefois, comme le note Vincent Albouy dans le guide Flore des villes* qui recense, décrit et identifie 200 espèces observables dans les principales villes d’Europe de l’Ouest. 
Malgré ses origines sauvages, elle se développe à proximité des habitations aujourd’hui, dans les fissures légèrement humides et rochers calcaires, à la suite de son importation pour ses atouts ornementaux. Elle n’est pas considérée comme une mauvaise herbe !
Avec ses tiges frêles, glabres, couchées ou pendantes, la ruine-de-Rome pousse sur les murs et parois verticales, formant une plante pouvant s’étaler sur 0,80m. Ses feuilles persistantes arrondies au pétiole plus long que le limbe, sont incisées à l’insertion du pétiole, divisées en 5 à 9 lobes peu profonds : elles rappellent la forme de cymbales d’où le nom. Leur couleur verte légèrement pourprée sur les bords, a un aspect luisant.
Les fleurs solitaires de 1cm de large, longuement pédonculées s’épanouissent à l’extrémité d’une tige partant de l’aisselle des feuilles, durant une longue période, d’avril à septembre ou même novembre. Elles sont complexes, munies en bas d’une sorte d’éperon incurvé, violet pâle, et marquées d’une gorge jaune. Elles sont nectarifères et attirent les insectes pollinisateurs.
Après fécondation, les fleurs laissent place à des fruits qui mûrissent avec des pédoncules qui poussent dans la direction opposée au soleil, permettant aux graines d’être déposées vers les anfractuosités des murs, prêtes pour une germination.
La ruine-de-Rome se cultive au soleil ou à mi-ombre en atmosphère sèche ou humide dans un sol léger, drainant, plutôt calcaire.
C’est au printemps que vous sèmerez ou planterez la cymbalaire des murs. Les semis spontanés sont forcément plus résistants.
La division d’une plante permet de la multiplier aisément en veillant à ne pas abîmer ses tiges grêles et fragiles.
Lors de son installation, mieux vaut offrir à la cymbalaire des murs un endroit ombragé et humide. Lorsqu’elle sera bien implantée, elle tolèrera bien mieux le soleil et le sol plus sec qu’elle ira chercher en s’étendant.
Elle ne demande pas d’entretien spécifique, et si vous trouvez qu’elle prend trop ses aises, il vous suffit d’en arracher un peu car ses racines restent en surface et ne s’insèrent pas dans les murs.
La cymbalaire des murs n’est pas concernée par des maladies ou des attaques de ravageurs.
C’est une plante idéalement destinée aux vieux murs, murets, escaliers de pierres, rocailles, et autres bordures ou surfaces à décorer, y compris en ville.
Le genre Cymbalaria compte une dizaine d’espèces au total mais la cymbalaire des murs (Cymbalaria muralis) reste la plus couramment rencontrée avec quelques cultivars dont un d’origine japonaise, ‘Snow Wave’, aux fleurs blanches et feuilles vert clair bordées de crème.
D’autres espèces existent : la cymbalaire trilobée (Cymbalaria aequitriloba), la cymbalaire à feuilles d’Hépatique (Cymbalaria hepaticifolia)…
* Editions Delachaux et Niestlé – 224 pages – 8 avril 2022 – 22,90 €
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