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WASHINGTON D.C. : Il y a deux ans, les Émirats arabes unis et le Bahreïn officialisaient les accords de paix qu’ils avaient conclus avec Israël le mois précédent en signant les accords d’Abraham à la Maison Blanche, lors d’une cérémonie parrainée par Donald Trump, alors président des États-Unis.
Lorsque les cheikhs Abdullah ben Zayed et Abdullatif al-Zayani, respectivement ministres des affaires étrangères des Émirats arabes unis et de Bahreïn, et l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont apposé leur signature sur le document, le 15 septembre 2020, ce moment a été salué comme le début d’une nouvelle ère pour la diplomatie au Moyen-Orient.
Dans le cadre de l’accord, Israël a déclaré qu’il suspendrait ses projets d’annexion des territoires palestiniens occupés. Le cheikh Abdullah avait affirmé alors que les Émirats arabes unis restaient attachés à la solution des deux États et que leur soutien à la cause palestinienne était « indéfectible ».
La perspective d’avantages économiques et diplomatiques immédiats a incité le Soudan à normaliser ses relations avec Israël en octobre 2020. Le pays d’Afrique du Nord est devenu signataire des accords d’Abraham en janvier 2021, à peu près au même moment où il a été retiré de la liste américaine des États soutenant le terrorisme.
Le Maroc a normalisé ses relations avec Israël deux mois après le Soudan. En effet, le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a signé un accord de sécurité avec son homologue marocain en novembre 2021. Israël a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en échange de l’établissement de liens.
Deux ans après la cérémonie de signature des accords d’Abraham sur la pelouse de la Maison Blanche, il est désormais possible d’évaluer de manière logique et impartiale certains des résultats de l’accord, à savoir, son incidence sur les liens bilatéraux ou la partie qui en a le plus tiré profit.
Outre l’engagement diplomatique et la coopération économique, Israël et les signataires des accords d’Abraham devaient collaborer dans plusieurs domaines d’intérêt commun, notamment l’énergie, l’agriculture, le tourisme, la sécurité et l’innovation technologique.
Les représentants des gouvernements israélien et bahreïni ont eu des échanges publics depuis la signature des accords. Israël a commencé à importer de l’aluminium de Bahreïn, et les deux pays prévoient de signer un accord permettant le transbordement de marchandises arrivant par voie maritime à Bahreïn sur des avions à destination d’Israël.
L’année dernière, le Premier ministre israélien, Yair Lapid, alors ministre des Affaires étrangères, a effectué la première visite ministérielle à Bahreïn, où il a inauguré l’ambassade d’Israël à Manama. En février de cette année, M. Gantz est devenu le premier ministre israélien de la Défense à se rendre officiellement dans ce pays du Golfe. Il était accompagné de plusieurs hauts responsables militaires et sécuritaires, dont le chef de la marine israélienne.
M. Gantz a signé un protocole d’accord avec son homologue bahreïni, officialisant une relation de sécurité qui, selon son bureau, « contribuera à faire progresser la coopération en matière de renseignement et entre les industries de défense des deux pays. Elle fournira également un cadre aux exercices communs ».
La visite de Gantz a eu lieu au moment où la 5e flotte de la marine américaine, basée à Bahreïn, lançait son exercice maritime international biennal 2022. La marine israélienne a participé à l’exercice, rejoignant pour la première fois publiquement des pays arabes et musulmans avec lesquels Israël n’a pas de relations diplomatiques.
En ce qui concerne le Maroc et Israël, les deux pays coopèrent aujourd’hui dans des domaines tels que l’éducation, le tourisme, les investissements transfrontaliers, les énergies renouvelables et la sécurité. Le Maroc a une forte tradition juive avec de nombreux bâtiments, monuments et cimetières juifs historiques. Le Maroc accueille également la plus grande communauté juive dans un pays arabe. Israël, quant à lui, abrite l’une des plus grandes communautés d’expatriés marocains.
La croissance du commerce du Maroc avec Israël de 84% en une année – pour atteindre 41,6 millions de dollars – est considérée par les deux pays comme le début d’une nouvelle relation commerciale précieuse. Le savoir-faire technique israélien, combiné aux capitaux des partenaires de l’accord d’Abraham, Bahreïn et les EAU, pourrait donner un coup de fouet aux efforts du Maroc pour se diversifier en s’éloignant des combustibles fossiles.
En revanche, l’accord complet entre Israël et le Soudan n’a pas encore abouti en raison de l’instabilité et du coup d’État d’octobre 2021. En mai, l’administration Biden a suspendu l’aide au développement, au commerce et à l’investissement au Soudan, y compris l’aide alimentaire liée à son accord de normalisation avec Israël, comme les expéditions de blé.
Comme on pouvait s’y attendre, les échanges et le commerce entre Israël et les EAU ont prospéré depuis la normalisation des relations il y a deux ans. En mai de cette année, les deux pays ont signé un accord de partenariat économique global qui devrait porter le commerce bilatéral à plus de 10 milliards de dollars d’ici cinq ans et ajouter 1,9 milliard de dollars au produit intérieur brut des EAU d’ici 2030.
Le 27 juin, Amir Hayek, ambassadeur d’Israël aux EAU, a déclaré dans un message publié sur Twitter que le volume total des échanges commerciaux entre les deux pays pour les cinq premiers mois de l’année avait atteint une valeur de 912,1 millions de dollars, contre 399,5 millions de dollars au cours de la même période l’année dernière.
Au cours des deux dernières années, Israël et les EAU ont également signé des accords de plusieurs milliards de dollars dans les domaines de la médecine, des investissements bilatéraux et de la navigation spatiale.
En juillet, les États-Unis, Israël, les EAU et l’Inde ont annoncé la formation d’un nouveau bloc, I2U2, dans le but de renforcer la collaboration technologique dans la région et de relever les défis transnationaux dans six domaines principaux : l’eau, l’énergie, les transports, l’espace, la santé et la sécurité alimentaire.
Le tourisme entre les EAU et Israël s’est également développé rapidement depuis 2020. Les vols commerciaux entre les deux pays ont débuté en novembre 2020, avec des vols quotidiens à partir de l’année suivante. Les sites web touristiques cherchent à attirer les visiteurs arabes en les encourageant à visiter la mosquée Al-Aqsa et le quartier musulman de Jérusalem, en plus du musée d’art islamique.
Le flux de touristes dans le sens inverse a été encore plus important. Entre 2020 et 2021, environ 230 000 Israéliens ont visité les Émirats arabes unis, malgré les restrictions liées à la pandémie.
L’accroissement du tourisme entre Israël et les EAU a toutefois mis en évidence le large fossé qui sépare les deux sociétés. En août, de nombreux médias arabes et israéliens ont rapporté que la police israélienne avait brièvement arrêté deux touristes émiratis après une fusillade à Tel Aviv.
Bien que les deux touristes aient été relâchés et aient reçu des excuses de la part des agents qui les avaient arrêtés, de nombreux internautes ont suggéré que la police israélienne avait commis un délit de faciès, prenant les touristes émiratis pour des Palestiniens. Un utilisateur de Twitter a déclaré : « Si vous êtes arabe, Israël vous traitera toujours comme un suspect ».
L’arrestation présumée des Émiratis n’est pas la seule raison pour laquelle les Arabes du monde entier se demandent si les accords de normalisation encourageront les partisans de la ligne dure au pouvoir en Israël à adopter une position plus raisonnable envers les Palestiniens et les lieux saints de Jérusalem.
Le prince Turki al-Faisal, ancien chef des services de renseignement d’Arabie saoudite et ancien ambassadeur à Londres et à Washington, a exprimé des doutes quant au fait que les efforts de normalisation des pays arabes avec Israël conduisent à une amélioration des droits des Palestiniens.
« Le peuple palestinien fait toujours l’objet d’une occupation ; il est toujours emprisonné par le gouvernement israélien. Des attaques et des assassinats de Palestiniens ont lieu presque quotidiennement », a-t-il déclaré en mai au talk-show « Frankly Speaking » d’Arab News.
« L’usurpation de terres palestiniennes par Israël se poursuit malgré les assurances données par Israël aux signataires de l’accord de paix entre les Émirats arabes unis et Israël. Rien donc ne porte à croire que le fait d’apaiser Israël changerait son attitude ».
En juillet, citant un sondage réalisé par le Washington Institute for Near East Policy, qui demandait aux résidents des pays arabes leur avis sur la normalisation israélo-arabe, l’universitaire émirati Abdulkhaleq Abdulla a déclaré que les Émiratis voyaient le processus de normalisation d’un mauvais œil. Le sondage de 2022 a révélé que seul un Émirati sur quatre considérait l’amélioration des liens comme un développement positif.
À l’approche de la signature des accords d’Abraham, Youssef al-Otaiba, ambassadeur des Émirats arabes unis aux États-Unis, écrivait dans le site d’information israélien Ynetnews : « Aux EAU et dans une grande partie du monde arabe, nous aimerions croire qu’Israël est perçu comme une opportunité et non comme un ennemi. Nous sommes confrontés à trop de dangers communs et nous voyons le grand potentiel de liens plus étroits. La décision que prendra Israël au sujet de l’annexion sera un signal sans équivoque pour savoir s’il voit les choses de la même manière »
Deux ans et deux offensives militaires contre Gaza plus tard, peu d’Arabes ont probablement l’illusion que les initiatives de normalisation dans le cadre des accords d’Abraham ont changé le comportement d’Israël, et encore moins mis fin à sa politique d’annexion des terres palestiniennes.
Les appels répétés de la Ligue arabe à mettre aux violations israéliennes du caractère sacré des lieux saints de Jérusalem, à l’arrêt de la violence et au retour au calme semblent être tombés dans l’oreille d’un sourd.
Les attaques des forces de sécurité israéliennes contre les fidèles musulmans dans la mosquée Al-Aqsa et l’autorisation de prier pour les juifs sur le lieu saint sont considérées par la Ligue arabe comme une provocation flagrante pour les musulmans du monde entier.
Participant à une discussion organisée le 8 septembre par le groupe de réflexion Atlantic Council pour marquer le deuxième anniversaire des accords d’Abraham, M. al-Otaiba a appelé à faire davantage pour faire avancer la solution des deux États au conflit israélo-palestinien.
« Tout ce dont nous parlons est formidable, mais nous ne pouvons éviter de parler de la solution des deux États. Nous ne le pouvons pas », a-t-il déclaré lors de l’événement virtuel, au cours duquel il a décrit les Palestiniens comme « l’éléphant dans la pièce ».
Faisant référence aux accords d’Abraham, al-Otaiba a déclaré : « Je ne pense pas qu’ils étaient destinés à résoudre le conflit – je pense qu’ils étaient destinés à gagner de l’espace et du temps afin de permettre à la diplomatie d’aborder la solution des deux États. Je continue de penser que la solution des deux États est la seule solution possible. Je pense que nous devons œuvrer dans ce sens ».
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
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LONDRES : Le ministre saoudien de l’énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane a été vivement salué sur les réseaux sociaux pour sa réponse à un journaliste lors d’une conférence de presse dans le cadre de la réunion de l’OPEP+ à Vienne, cette semaine.
Dans une vidéo devenue virale mercredi, on peut voir le ministre saoudien de l’Énergie s’en prendre au journaliste de Reuters, Alex Lawler, et refuser de répondre à ses questions. Au lieu de cela, il critique les articles publiés par l’agence et qui suggèrent que l’Arabie saoudite et la Russie collaborent pour manipuler le cours du pétrole.
« Vous vous êtes trompé à deux reprises », lance le prince Abdelaziz au journaliste en référence à un reportage de Reuters. « Vous (Reuters) n’avez pas fait du bon travail ».
Il a ajouté que, bien qu’il ait parlé avec un journaliste de Reuters pour clarifier les faits, l’agence ne s’est pas rétractée ni n’a rectifié l’article. Au contraire, Reuters a publié un autre article reprenant les mêmes affirmations.
« Par égard pour l’agence, j’ai agi de manière très respectueuse. Mais vous avez choisi une source saoudienne fantôme », a poursuivi le ministre. Il a ensuite refusé de répondre aux questions de M. Lawler.
Alors que la vidéo était largement partagée sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes ont félicité le ministre pour sa réponse et sa prise de position.
Une personne a écrit : « Le prince Abdelaziz ne se laisse pas faire ! Pas aujourd’hui, Reuters ».
Un autre internaute commente simplement : « Grillé… »
Plus tard au cours de la conférence, lorsque la journaliste de CNBC Hadley Gamble a interrogé le ministre au sujet d’allégations selon lesquelles la décision de l’OPEP+ de réduire la production de pétrole était un affront à l’Occident, c’est sur un ton irrité que le prince Abdelaziz a répondu : « Montrez-moi où se trouve l’acte de belligérance. Point final ».
Ce n’était pas la première rencontre animée entre le ministre de l’Énergie et Gamble. L’année dernière, lorsque la journaliste américaine a posé une question relative au rapport de l’Agence internationale de l’Énergie prônant le zéro carbone, le prince a rejeté le rapport, le qualifiant d’utopique.
Mercredi, son approche était déjà évidente à son arrivée à la conférence de l’OPEP+ à Vienne. Lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il existait un consensus pour réduire la production de pétrole, il a ignoré la question et a répondu : « C’est une journée ensoleillée et elle le restera ».
En octobre de l’année dernière, lors d’une cérémonie de signature d’un projet d’interconnexion électrique entre l’Arabie saoudite et l’Égypte, le ministre en avait surpris plus d’un lorsqu’il a souligné, en marge du propos, que son infirmière était égyptienne.
Il a ajouté : « Je crois que nous serons heureux et fiers de soutenir les citoyens saoudiens et égyptiens, et de mettre de l’électricité dans le sourire de tous ceux qui aiment l’Égypte et l’Arabie Saoudite », en référence aux paroles d’une chanson égyptienne connue.
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JERUSALEM: Un Palestinien a été tué samedi par des tirs de l’armée israélienne dans la ville de Jénine, en Cisjordanie occupée, a affirmé le ministère palestinien de la Santé.
Dans un communiqué, le ministère indique qu’un “citoyen a été tué par balle par l’occupation (israélienne) à Jénine”, dans le nord de la Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par l’Etat hébreu.
Plus tôt, le Croissant-Rouge palestinien a affirmé qu’un homme blessé par balle avait été hospitalisé à Jénine.
L’armée israélienne n’a pas commenté cet incident et n’a pas confirmé si ses troupes effectuaient un raid dans la zone.
Le nord de la Cisjordanie, notamment Jénine et Naplouse, est le théâtre de troubles quasi quotidiens depuis mars.
Ce décès est survenu au lendemain de la mort de deux autres Palestiniens parmi lesquels un adolescent de 14 ans tués par des tirs des forces israéliennes, selon le ministère de la Santé.
Adel Dawoud, 14 ans, a succombé vendredi à des blessures par balles à la tête à Qalqilyah, alors qu’un autre Palestinien a été tué près de la ville de Ramallah.
Selon l’armée israélienne, ses troupes ont tiré sur un “suspect qui lançait des cocktails Molotov en leur direction” à Qalqilyah et ont riposté contre “une émeute violente initiée par des dizaines de Palestiniens” près de Ramallah.
Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué avoir soigné 50 personnes dans ce secteur à la suite de heurts, notamment blessées par des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.
Vendredi, le ministère palestinien des Affaires étrangères a accusé Israël d’essayer d'”entraîner la région dans un cycle de violence”.
Après une vague d’attaque anti-israéliennes fatale à 20 personnes depuis mars, dont certaines ont été menées par des Palestiniens du nord de la Cisjordanie, l’armée israélienne a multiplié les raids dans cette région.
Ces opérations, émaillées de heurts avec la population locale, ont aussi fait des dizaines de morts côté palestinien, parmi lesquels des membres de groupes armés.
https://arab.news/jtzp9
SFAX: “C’est le dernier avertissement! Arrêtez-vous”: au large de la Tunisie, les garde-côtes interceptent à l’aube une énième embarcation de migrants clandestins, déjouant leur tentative d’atteindre l’Europe. Mais pour ses passagers, ce n’est que partie remise.
Partis de Sfax, dans le centre-est de la Tunisie, en direction des côtes italiennes, les migrants équipés de bouées noires ont obtempéré à contrecœur aux ordres des gendarmes maritimes, qu’une équipe de l’AFP a accompagnés à bord de leur patrouilleur, Aigle 35.
L’Italie, dont certaines côtes sont à moins de 200 km du littoral tunisien, avait annoncé en mai 2021 un accord avec la Tunisie prévoyant de lui fournir des aides économiques en échange d’efforts accrus de sa part pour empêcher les migrants d’arriver en Europe.
“Je ne veux pas rester en Tunisie, la vie ici est difficile”, sanglote Fatim, une Ivoirienne de 18 ans, en montant à bord du patrouilleur avec 25 autres migrants interceptés.
Elle affirme avoir travaillé comme femme de ménage pendant un an à Tunis pour économiser les 4.000 dinars (1.250 euros) payés aux passeurs.
Idia Sow, une Guinéenne de 26 ans souffrant des séquelles d’un AVC, faisait partie d’un autre groupe intercepté dans un bateau pneumatique. Elle affirme avoir déboursé l’équivalent de 1.500 euros pour rejoindre les côtes italiennes avec son bébé de trois mois.
Rien que dans la nuit de lundi à mardi, pas moins de 130 migrants, tous originaires d’Afrique subsaharienne parmi lesquels des enfants, ont participé à quatre traversées déjouées au large de Sfax, principal point de départ des migrants en Tunisie.
«Cercle vicieux»
Mais à peine ramenés au port, ces migrants ont été relâchés sur ordre du procureur général de Sfax.
“Nous sommes dans un cercle vicieux. Nous déployons des moyens et des efforts énormes pour arrêter ces migrants seulement pour qu’ils soient relâchés, puis nous les retrouverons lors d’autres tentatives”, déplore le commandant de bord du patrouilleur, le colonel major Brahim Fahmi.
La majorité des migrants interceptés rencontrés par l’AFP ont en effet reconnu qu’ils feraient une autre tentative. “Si je trouve un bateau maintenant je partirai tout de suite, je n’abandonnerai jamais”, dit Ali, un Guinéen de 20 ans.
Quelques heures avant l’interception en mer, des gendarmes ont dispersé plus d’une centaine de migrants rassemblés à Hmayazia, une localité côtière à une trentaine de km de Sfax où ils attendaient depuis deux semaines des embarcations censées les transporter vers l’Italie, selon des témoignages recueillis par l’AFP.
Matraque ou arme de poing à la main, les gendarmes ont contraint les migrants à quitter les lieux, a constaté l’AFP.
“Cet été, on a atteint un nombre record de plus de 17.000 migrants interceptés au large de Sfax, indique à l’AFP le directeur de la gendarmerie maritime de la région centre (Sfax, Kerkennah et Mahdia) le colonel major, Saber Younsi. C’est presque le double par rapport aux années précédentes.”
«Plaque tournante»
“Sfax est devenue une plaque tournante (pour la migration clandestine, NDLR), pourtant elle n’est pas la plus proche de la rive italienne et la navigation dans les eaux au large est difficile par rapport aux autres régions côtières”, ajoute-t-il.
Une industrie de fabrication clandestine de bateaux s’est développée dans la ville, contribuant à faire augmenter le nombre de passeurs qui s’y activent.
La Tunisie, en proie à une grave crise socio-économique et politique, a enregistré ces derniers mois une forte hausse de l’émigration clandestine, avec des familles entières et des cadres cherchant à partir et non plus de jeunes chômeurs seulement.
Selon les dernières statistiques officielles, plus de 22.500 migrants ont été interceptés au large des côtes tunisiennes depuis le début de l’année, dont environ 11.000 sont originaires d’Afrique subsaharienne.
Durant la même période, 536 organisateurs et passeurs parmi lesquels 21 étrangers ont été arrêtés.
“Si cette tendance se poursuit, on va arriver à un point où on ne pourra plus contrer ce phénomène”, prévient le colonel major Younsi, depuis le port de Sfax devenu en grande partie un cimetière pour embarcations de migrants saisies.
Les moyens de la Tunisie dans sa lutte contre l’immigration clandestine se dégradent, met en garde l’officier. Il ajoute que ses équipes commencent “à avoir des difficultés dans la maintenance” et appelle à “plus de coopération internationale”.

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