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Le Vatican a annoncé jeudi 3 mars la visite du pape François en RD-Congo du 2 au 5 juillet, puis au Soudan du Sud du 5 au 7 juillet. Un voyage à la forte portée symbolique dans deux pays minés par l’instabilité et l’insécurité.
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Le pape François se rendra en RD-Congo et au Soudan du Sud du 2 au 7 juillet
Un prêtre catholique dirige une messe dominicale à l’église Saint-Joseph, le 13 janvier 2019, dans la capitale Kinshasa, en RDC.
TONY KARUMBA/AFP
Le pape retournera bien en Afrique. Après plusieurs semaines de rumeurs, le Vatican a confirmé jeudi 3 mars le voyage de François dans deux pays du continent, du 2 au 7 juillet. Trois ans après sa visite au Mozambique, à Madagascar et à l’île Maurice, il se rendra en République démocratique du Congo, d’abord, du 2 au 5 juillet, puis au Soudan du Sud, du 5 au 7 juillet.
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En RD-Congo, grand pays d’Afrique centrale (105 millions d’habitants) marqué par plusieurs décennies d’instabilité politique, ce voyage était annoncé depuis 2016. Mais François avait imposé une condition à une telle visite : l’alternance démocratique dans ce pays où le président de l’époque, Joseph Kabila, voulait briguer un troisième mandat inconstitutionnel. Après les pressions exercées par l’Église catholique et les organisations de la société civile, il avait finalement renoncé à ce mandat.
À Kinshasa, la capitale, le pape François devrait rencontrer le successeur de Kabila, Félix Tshisekedi, élu en décembre 2018, avec qui il s’était déjà entretenu en janvier 2020 lors d’une visite du président à peine élu au Vatican. En se rendant ensuite à Goma, le pape François visitera le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, touchée par une forte insécurité et marquée par l’omniprésence de groupes armés.
Au cours de la première partie de ce voyage, le pape François pourra compter sur un homme qu’il apprécie tout particulièrement, au point de lui avoir demandé en octobre 2020 de devenir membre du Conseil des cardinaux qu’il réunit régulièrement à Rome : le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, et successeur du charismatique cardinal Laurent Monsengwo.
→ PORTRAIT. Fridolin Ambongo nommé au « Conseil des cardinaux »
Le pays reste marqué par les visites de Jean-Paul II, en 1980 et en 1985. Le pape polonais avait marqué l’histoire en embrassant, lors de son premier voyage dans ce pays, le sol de l’aéroport Ndjili de Kinshasa. Cinq ans plus tard, le 15 août 1985, dans ce pays qui s’appelait encore le Zaïre, le pape polonais avait béatifié la bienheureuse Alphonsine Anuarite Nengapeta, assassinée en 1964 par des membres de la rébellion, qui s’opposait alors au gouvernement central zaïrois.
En quittant la RDC, le pape François se rendra ensuite à 1 000 kilomètres au nord de Goma, à Juba, dans la capitale du Soudan du Sud. Après sa venue dans l’un des plus grands pays catholiques au monde, il posera le pied, pour la seconde moitié de sa visite, dans le plus jeune État de la planète (11 millions d’habitants). Ce pays, indépendant depuis 2011, a vu s’entredéchirer sa population entre 2013 et 2018, au cours d’une guerre sanglante, qui a fait près de 400 000 morts et plusieurs millions de déplacés.
Du 5 au 7 juillet, le pape y verra aussi de ses yeux les conséquences de ce conflit dramatique, déclenché par l’opposition entre le président Salva Kiir et le vice-président Riek Machar, accusé d’avoir fomenté un coup d’État, qui est aussi une guerre opposant deux chrétiens, l’un catholique et un autre protestant. Et les accords de paix, signés en 2018 puis en 2020, n’ont pas mis fin à l’instabilité chronique du pays. Selon un rapport publié par l’ONU fin février, au moins 440 civils ont été tués entre juin et septembre 2021 dans des affrontements entre les deux factions ennemies.
Le Saint-Siège est engagé depuis longtemps dans les discussions dans ce pays déchiré par la guerre civile. En avril 2019, le pape François avait organisé une rencontre entre les belligérants du pays, au Vatican. Au terme de cette « retraite spirituelle » de 24 heures entre des hommes en guerre, le pape s’était agenouillé devant ses interlocuteurs. Le geste accompli par cet homme en blanc baisant les pieds d’ennemis réunis dans la même pièce, pour les implorer de faire la paix, avait laissé les belligérants stupéfaits. L’image avait fait le tour du monde.
→ LES FAITS. Le pape implore, à genoux, la paix pour le Soudan du Sud
Aux côtés du primat de la Communion anglicane, le Dr Justin Welby, et de Martin Fair, le modérateur de l’Église presbytérienne d’Écosse, le pape François avait promis de se rendre dans leur pays en cas d’accord entre les deux parties. « Les discussions sont toujours en cours », commente Mauro Garofalo, le responsable des relations internationales de la communauté de Sant’Egidio, qui organise depuis des années des discussions entre les groupes ennemis dans le pays, qui se réunissent alternativement à Rome ou à Nairobi, au Kenya.
« En venant, le pape envoie un message de paix, et signifie l’importance de l’unité des chrétiens, poursuit-il. Dans ce pays qui n’a jamais vraiment connu la paix depuis 2011, tout reste à faire : pacifier les tensions ethniques, régler la question de la terre et créer une armée nationale. Il ne s’agit pas d’une simple médiation, mais de construire un État qui n’existe pas. »
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Le voyage du pape François en RD-Congo et au Soudan du Sud, du 2 au 7 juillet, sera le cinquième voyage du pape François sur le continent africain.
En novembre 2015, le pape s’était rendu pour la première fois en Afrique, visitant le Kenya, l’Ouganda et la République centrafricaine. Il s’était notamment rendu à Bangui, la capitale centrafricaine, alors secouée par de fortes tensions.
En avril 2017, François s’était rendu en Égypte, pour un voyage de deux jours placé sous le signe de la fraternité, au cours duquel il avait rencontré le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed Al Tayeb.
Puis, en mars 2019, le pape François avait voyagé au Maroc, avant de visiter, en septembre de la même année, trois pays : le Mozambique, Madagascar et l’île Maurice.
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