Il y a dix ans la banque Lehman Brothers faisait faillite. L’occasion de revenir sur la crise. Et de constater qu’on mène toujours le même type de politique monétaire depuis.
Mais déductible à 66% des impôts
Par Vladimir Vodarevski.
Lehman Brothers, 10 ans déjà… Un groupe d’anciens de la banque a déclenché un scandale en décidant de se réunir pour cet anniversaire. Mais tout le monde le fête. La faillite de la banque Lehman Brothers est un symbole de la crise, l’anniversaire de sa faillite l’occasion d’en reparler.
La crise n’a pas débuté avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Dès 2007, des fonds de placement ont fermé, et les banques centrales sont intervenues pour injecter des liquidités dans l’économie. Mais il semble que cette faillite soit devenue le symbole de la crise. Dans les livres d’histoire, elle en deviendra le point de départ.
La faillite de Lehman Brothers a été un cataclysme. Le système financier et monétaire mondial est basé sur l’endettement. Les banques centrales favorisent la création monétaire. Les banques voient leurs activités encadrées dans un carcan très strict. Ce sont les critères prudentiels, imposés par le Comité de Bâle. En échange de cet encadrement très strict, les banques centrales assurent le rôle de prêteur en dernier ressort. Quand une banque ne peut pas trouver suffisamment d’argent sur les marchés financiers, il y a toujours la banque centrale.
La faillite de Lehman Brothers a créé une panique car on pensait que les autorités ne laisseraient pas un établissement de cette taille faire faillite. Cette faillite a ouvert une période d’incertitude. La confiance dans le système financier a disparu. Plus personne ne prêtait à personne. Le système financier, et le financement de l’économie, était bloqué.
Les autorités ont fait évoluer la réglementation. Les exigences de fonds propres pour les banques ont été relevées. Les établissements bancaires doivent avoir un plan de liquidation ordonnée en cas de faillite. Par ailleurs, des stress tests sont organisés régulièrement pour vérifier la solidité des plus grosses banques.
Les nouvelles normes prudentielles ont entraîné un débat en Europe. Elles seraient plus favorables aux établissements américains. En effet, en France, les encours de crédits des banques sont plus importants qu’au USA. Là bas, les entreprises se financent davantage sur le marché financier que par le crédit. Et les banques titrisent les crédits. Ce qui fait que les exigences de fonds propres sont plus importantes pour les banques US.
Alors même que les banques françaises sont plus exigeantes en matière de solvabilité, selon la Fédération Bancaire Française. Les banques françaises accordent un crédit en fonction de de la capacité de remboursement de l’emprunteur. Aux USA, c’est en fonction du bien mis en gage ou hypothéqué.
La crise financière a été provoquée par l’éclatement de la bulle immobilière aux USA. Les pays qui avaient favorisé une bulle immobilière ont aussi été les plus touchés, comme l’Espagne, l’Irlande, le Royaume-Uni. Cette bulle a été provoquée par la baisse des taux d’intérêt par les banques centrales, et notamment la Federal Reserve US. Elle était même souhaitée. Et on s’en félicitait à l’époque. On parlait d’un effet richesse. Les gens voyaient leur patrimoine augmenter. Sur la base de cet augmentation, ils voyaient leur capacité d’emprunt s’accroître. Ils empruntaient, ce qui soutenait l’économie. On y voyait un effet vertueux. Jusqu’à l’éclatement. (Pour une description des mécanismes qui ont mené à la crise, voir ici.)
Le problème de la bulle existe toujours. Ainsi, pour sortir de la crise, les banques centrales ont non seulement baissé les taux d’intérêt, mais aussi racheté des actifs bancaires. C’était la politique de quantitative easing. Ce qui a provoqué une bulle des matières premières, qui a depuis éclaté.
Aujourd’hui alors que les taux d’intérêt US remontent, ce sont les monnaies des pays émergents qui sont sous pression. L’argent injecté par la Federal Reserve s’était orienté vers ces monnaies. Il rentre à la maison, les affaiblissant. La monnaie argentine est en difficulté, comme la monnaie turque, les difficultés de cette dernière étant aggravées par la politique économique du pays et le bras de fer avec les USA.
L’école autrichienne d’économie enseigne que les relances par la création monétaire entraînent des crises économiques. C’est la théorie autrichienne des cycles économiques, TAC en abréviation, ou ABCT pour austrian business cycle theory. La crise a remis sur le devant de la scène cette théorie. La crise de 1929 a également été provoquée par la création monétaire.
Cependant, le système monétaire reste basé sur le crédit. Ce qui n’est même pas un débat aujourd’hui. Il faut donc s’attendre à de nouvelles crises, les bulles finissant toujours par éclater, et les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets.
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Sur le web
Lorsque la faible croissance que les pays développés ont depuis 40 ans provient essentiellement du développement des produits financiers, que les injections massives de liquidités ne sert finalement qu’à survaloriser les actifs sur lesquels les produits financiers sont assis, qu’aucun dirigeant ayant une responsabilité dans la dernière grande crise de 2008 n’a jamais été inquiété, que les citoyens exigent d’avoir plus l’année prochaine que cette année sans se poser la question de savoir d’où ça vient, tout est réuni pour un grand feu d’artifice. Comme disent les économistes, on peut dire « Où », on peut dire « Quand », mais jamais les deux à la fois…
Vous avez absolument raison, mais je doute que les économistes puissent prévoir ‘où’ ou ‘quand’.
Le problème est surtout que l’on sait toujours où et quand ça ‘a eu’ lieu, mais rarement ou même jamais où et quand ça ‘aura’ lieu.
J’aime beaucoup cette phrase dans ‘MIB’:
– Il a dit qu’il va y avoir la fin du monde !
– et il a dit ‘quand’ ?
@ Leipreachan
Non RB83 parle pour la France, pas pour tous les « pays développés »: d’où vient qu’il n’y ait « plus de croissance depuis 40 ans »? (simple exemple!)
Je n’ai pas dit qu’il n’y avait plus de croissance mais que la (faible) croissance que nous avons est essentiellement dûe au développement des produits financiers: inflation de la valeur des actifs, développement du crédit, etc.
Exemple trivial dans l’immobilier : vous achetez votre maison 100, la vendez 200, on ne peut pas dire qu’il y ait eu création de valeur car la maison est la même mais les 100 sont comptés dans le PIB. Votre acheteur fait un crédit sur 200, ça compte dans le PIB. Les frais de mutation sont sur 200 au lieu de 100, ça compte dans le PIB… Plein de contributions dans le PIB mais sans réelle création de valeur autre que financière…
plus de croissance depuis 40 ans
Et les taxes et impôts nombreux et (a)variés en folle augmentation, ce n’est pas de la croissance ❓
Arrêtez de déconner ! Lisez d’abord ceci :
http://www.claudereichman.com/articles/martoiamareenoire.htm
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Mais déductible à 66% des impôts
Par Daniel Lacalle. Un article du Mises Institute.
La faillite de la société immobilière chinoise Evergrande est bien plus qu’un “Lehman chinois”. Lehman Brothers était beaucoup plus diversifié qu’Evergrande et mieux capitalisé. En fait, le total des actifs de l’entreprise chinoise au bord de la faillite est supérieur à la totalité de la bulle des subprimes aux États-Unis.
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