Le constructeur a présenté jeudi un concept car pesant 40 % à 70 % moins lourd qu'une voiture classique. Une sobriété qui vise à protéger la planète, mais aussi le porte-monnaie des clients.
Par Lionel Steinmann
Citroën a choisi de faire l'impasse sur le salon de l'Auto qui se tient dans une quinzaine de jours à Paris, mais ce n'est pas faute de voiture à montrer. Le constructeur plus que centenaire a présenté jeudi à 150 journalistes venus du monde entier un concept car électrique qui fait l'éloge de la sobriété, et insiste au passage sur le positionnement responsable, mais aussi abordable, de la marque.
Prénommé Oli, le véhicule est d'un abord trompeur : avec sa silhouette anguleuse et haute sur roues, et surtout son pare-brise vertical, il a des faux airs de Hummer , le symbole de la démesure sur quatre roues. Son message est portant à l'opposé : il est temps de cesser la course à des voitures toujours plus lourdes, toujours plus technologiques, et toujours plus chères.
Malgré sa carrure de SUV, Oli ne pèse pas plus d'une tonne, soit quelque 400 à 700 kilos de moins qu'un véhicule analogue dans le commerce. Ce paramètre a guidé toute sa conception : le pare-brise vertical permet par exemple de réduire la surface vitrée, et les roues sont faites d'un alliage d'aluminium et d'acier.
Le capot, le toit et la benne ont eux été réalisés à partir d'un carton alvéolaire recyclé, renforcé par deux feuilles plastiques. Un matériau à la fois écologique, peu onéreux et suffisamment résistant pour permettre à la directrice produit et stratégie, Laurence Hansen, de se tenir debout sur le toit du véhicule.
Même chasse au poids à l'intérieur : la structure des sièges est ultra-simplifiée, et le constructeur a fait la chasse aux câblages superflus dans les portières. Le smartphone du conducteur tient lieu de système d'infodivertissement, avec un emplacement dans la planche de bord.
Dans la même optique, la batterie reste de taille assez modeste (40 kWh de capacité). mais l'optimisation du poids permet d'obtenir malgré tout une autonomie de 400 kilomètres, avec le choix de se contenter d'une vitesse maximale de 110 km/heure.
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Le tout avec un design qui ne passe pas inaperçu, comme la marque l'a déjà fait avec son quadricycle sans permis AMI, qui connaît un beau succès commercial . « On n'achète pas une voiture parce qu'elle est sobre, mais parce qu'elle est excitante », résume le patron de la marque Vincent Cobée.
Ainsi armé, Oli se campe en militant de l'environnement… et du pouvoir d'achat. « Les voitures lourdes sont mauvaises pour la planète, mais aussi pour le porte-monnaie », souligne Laurence Hansen.
En adoptant un discours quasi décroissant, la marque affiche son mode d'emploi pour parvenir à des voitures électriques abordables (Oli peut aussi être lu en anglais « All-e », soit « tous en électrique »), alors qu'elles sont aujourd'hui 30 % à 40 % plus chers que leurs équivalents thermiques. Un positionnement qui n'est pas très éloigné de « l'essentiel au meilleur prix » revendiqué par Dacia, mais en y ajoutant une dimension environnementale, même si la direction récuse toute volonté de confrontation avec l'ex-marque low cost.
Oli n'a pas vocation à être produit en série, mais certaines des innovations qu'il embarque pourraient bien figurer dans certaines des prochaines Citroën. Ce sera d'ores et déjà le cas du tout nouveau logo , dévoilé il y a deux jours, et qui orne la calandre. Les deux chevrons sont toujours là, mais avec un graphisme très proche de celui du tout premier blason de la marque, en 1919.
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Lionel Steinmann
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