Partager :
En pleine folie bitcoin, les Emirats arabes unis rejoignent la course mondiale au “CBDC” ou Central Bank Digital Currency. En annonçant le lancement de sa propre monnaie numérique via sa banque centrale d’ici 2026, le petit Etat du Moyen-Orient, qui cherche traditionnellement à être le premier en matière de nouvelles technologies, n’est pourtant pas précurseur sur le sujet. L’enjeu du contrôle de la monnaie est telle que, pour l’instant, c’est la Chine qui est la plus avancée avec une première phase de test de son yuan numérique lancé en mars.
A noter qu’en février 2021, la Bank for International Settlements (BIS) annonçait d’ailleurs une initiative entre la banque centrale des Emirats arabes unis et la banque centrale chinoise sur une infrastructure commune pour les transferts d’argent internationaux. Baptisée le “Multiple CBDC Bridge“, elle a réuni le BIS Innovation Hub, la banque populaire de Chine (PBC), l’autorité monétaire de Hong Kong et la banque de Thaïlande.
Mais contrairement à la Chine qui tente d’interdire ou de réduire drastiquement les activités liées aux cryptomonnaies (ces monnaies numériques développées grâce au protocole de la blockchain) pour garder un pouvoir central, les Emirats ont l’intention de laisser cohabiter le bitcoin et la monnaie d’Etat.
De fait, entre le bitcoin et l’Ethereum, les deux cryptomonnaies les mieux valorisées parmi 9.000 actifs numériques, et les CBDC, les mécanismes des blockchains divergent. Les premiers prônent une chaîne de bloc ouverte – ou publique -, où la gouvernance opère de manière horizontale et décentralisée. Les seconds fonctionnent selon les principes d’une blockchain privée et centralisée, où un Etat où un acteur privé garde le contrôle des échanges et des droits d’entrée.
C’est sur ce dernier schéma que se positionne logiquement l’institution émirati. La Banque centrale va “émettre une monnaie virtuelle et œuvrer à la transition numérique des services financiers des Emirats”, a-t-elle déclaré dans un communiqué publié par l’agence officielle WAM. Cette annonce s’inscrit dans “sa stratégie 2023-2026” qui ambitionne de “la placer parmi les dix premières banques centrales du monde”, a-t-elle ajouté.
En parallèle, en juin, Nasdaq Dubaï, important marché financier des Emirats arabes unis, annonçait l’entrée en Bourse du “Bitcoin Fund”, via un fonds basé sur des actifs numériques. Le tout premier à être coté au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
De même, pour son aéroport, Dubaï a créé des “zones franches” proposant une licence aux entreprises qui acceptent les paiements en cryptomonnaies.
Dès 2019, la cité de Dubaï de l’Emirat annonçait aussi devenir le premier Etat faisant fonctionner ses services publics grâce à la blockchain. Le même année, l’Arabie saoudite et les Emirats avaient annoncé une phase de test d’une cryptomonnaie commune pour les transactions entre les banques de deux pays.
Aussi, plusieurs banques centrales à travers le monde ont récemment annoncé des projets similaires, tout en critiquant les cryptomonnaies décentralisées comme le bitcoin.
Les banques centrales des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’Angleterre évaluent elles aussi la possibilité de lancer leur propre monnaie numérique. Pour accélérer, la Banque des règlements internationaux (BRI) œuvre aussi avec les banques centrales à un projet de monnaie numérique pour le grand public.
En introduisant des monnaies numériques, ces institutions publiques assurent vouloir apporter de la stabilité à ce secteur très spéculatif.
Créé en 2008 pour contrer les abus de la finance mondiale après la crise financière, le bitcoin, de loin le plus gros actif sur le marché des cryptomonnaies, a séduit de plus en plus d’investisseurs institutionnels ainsi que les particuliers.
(Avec AFP)
Partager :
À 13h chaque jeudi, recevez l’essentiel de l’actualité du secteur de
la finance
Dernière étape : confirmez votre inscription dans l’email que vous venez de recevoir.
Pensez à vérifier vos courriers indésirables.
À très bientôt sur le site de La Tribune et dans nos newsletters,
La rédaction de La Tribune.
À très bientôt sur le site de La Tribune et dans nos newsletters,
La rédaction de La Tribune.
Découvrez l’ensemble des newsletters de La Tribune
La rédaction de La Tribune
Un e-mail contenant vos informations de connexion a été envoyé.
À très bientôt sur le site de La Tribune et dans nos newsletters,
La rédaction de La Tribune.
S’inscrire à la newsletter Finance
Sujets les + lus
|
Sujets les + commentés
1
Défense : l'Allemagne minimise ses divergences avec la France
2
Au procès du vol Rio-Paris, les témoignages terrifiants des pilotes d’Air France confrontées à des pannes similaires à celles de l’AF447
3
La Pologne bascule dans le nucléaire et choisit l'américain Westinghouse plutôt qu'EDF pour la construction
4
Énergie : la France veut lancer son propre projet de réacteur à fusion nucléaire
5
Guerre en Ukraine : la Russie accuse l'OTAN d'être responsable de l'escalade nucléaire
1
Retenues d'eau pour l'agriculture : des milliers de personnes manifestent contre les "bassines" dans les Deux-Sèvres (60)
2
La Pologne bascule dans le nucléaire et choisit l'américain Westinghouse plutôt qu'EDF pour la construction (46)
3
« Il faudra des voitures électriques plus petites pour les rendre accessibles », Mikaël Le Mouëllic (BCG) (34)
4
La vente des véhicules neufs à moteur thermique sera bien interdite en Europe dès 2035 (31)
5
Défense : l'Allemagne minimise ses divergences avec la France (31)
Pour être alerté par email d’une réaction à ce commentaire, merci de renseigner votre adresse email ci-dessous :
Pour être alerté par email d’une réaction à ce commentaire, merci de renseigner votre adresse email ci-dessous :
Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.
–
Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.
Avec
La Tribune.fr,
prenez les bonnes décisions