L’ampleur de la dépréciation de l’euro face au dollar varie selon les pays de la zone euro, en fonction de la structure de leur commerce et du taux d’inflation locale.
1 dollar = 1 euro ! Mardi, les marchés des changes ont rendu beaucoup de calculs faciles en établissant cette parité entre les deux devises. En janvier 2021, quelqu’un qui détenait 1 dollar pouvait l’échanger contre 0,80 euro. Il peut désormais avec ce même dollar recevoir 1 euro, ce qui représente une dépréciation de la valeur de la monnaie européenne de 20 %. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
Quand le taux de change de l’euro se déprécie, les étrangers peuvent acheter plus de produits européens, c’est donc bon pour la compétitivité des exportations. Mais, dans le même temps…
1 dollar = 1 euro ! Mardi, les marchés des changes ont rendu beaucoup de calculs faciles en établissant cette parité entre les deux devises. En janvier 2021, quelqu’un qui détenait 1 dollar pouvait l’échanger contre 0,80 euro. Il peut désormais avec ce même dollar recevoir 1 euro, ce qui représente une dépréciation de la valeur de la monnaie européenne de 20 %. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
Quand le taux de change de l’euro se déprécie, les étrangers peuvent acheter plus de produits européens, c’est donc bon pour la compétitivité des exportations. Mais, dans le même temps, tout ce que les Européens achètent en dollars, par exemple le pétrole, devient plus cher et nourrit donc une inflation importée. Le bilan final sera donc différent en fonction des pays et des entreprises.
Mais quand les mouvements de change sont de l’ordre de 20 %, comme on l’observe depuis le début de l’année 2021, les impacts sont-ils forcéments conséquents ? Pas sûr, et pour deux raisons.
La première est microéconomique. Quand une entreprise achète du pétrole, du blé, etc., à l’étranger, elle se couvre contre les variations de change en achetant des produits financiers qui lui assurent un taux fixé à l’avance. Certes, plus l’euro semble s’orienter vers une dépréciation structurelle, plus les importateurs devront payer cher pour se protéger contre sa baisse. Mais l’existence de ces mécanismes de protection limite l’impact des fluctuations des monnaies sur l’économie.

L’euro s’est plus déprécié en France qu’en Allemagne

La deuxième raison est macroéconomique. Les pays européens n’échangent pas qu’en dollars. Ils échangent déjà majoritairement entre eux, en euros, et avec des pays qui ont d’autres monnaies que le dollar, notamment la Chine. Pour mesurer les conséquences des évolutions du taux de change, il faut donc tenir compte de la structure du commerce extérieur de chaque pays en fonction du poids commercial de chaque partenaire. Ce taux de change particulier s’appelle le taux de change effectif. Pour aller plus loin, il faut également tenir compte des niveaux d’inflation différents dans les pays. Ainsi, mesurée aux standards européens, l’inflation s’élevait en juillet sur un an à 8,5 % en Allemagne, contre 6,8 % en France. Le pouvoir d’achat d’un étranger détenant des euros a donc moins diminué dans l’Hexagone qu’outre-Rhin.
Pour avoir une idée des conséquences des variations du taux de change de l’euro, il faut donc faire un calcul pour chaque pays de la zone, en tenant compte de la structure de son commerce extérieur et de l’inflation locale. On appelle cet indicateur « le taux de change effectif réel ». Ainsi, entre le point haut de janvier 2021 et la fin juillet 2022, le taux de change effectif réel de « l’euro France » s’est déprécié de 5,6 %, contre 3,8 % pour l’Italie et 2,3 % pour l’Allemagne, selon les données de la Banque des règlements internationaux (BRI).
Suivre les fluctuations du dollar et de l’euro, les monnaies des deux plus grandes zones commerciales du monde, est important. Mais une analyse plus fine est nécessaire et elle montre que les variations de change sont plus mesurées que celles concernant uniquement le dollar et qu’elles sont différentes pour chacun des pays.

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