Grâce au visa spécial nomades numériques qu’elle se prépare à lancer, l’Argentine espère séduire 22 000 travailleurs à distance d’ici 2023. En attendant, la ville de Buenos Aires fait campagne sur “le taux de change le plus avantageux” d’Amérique du Sud.
Au Don Julio, l’un des restaurants les plus prestigieux de Buenos Aires, classé 13e meilleur restaurant du monde, un plat de viande ne coûte que 3 950 pesos, soit environ 18 dollars (ou 16 euros) selon l’actuel taux de change non officiel du peso, la monnaie argentine. Et dans les cafés les plus chics de la capitale, le petit crème est à 220 pesos, soit 1 dollar.
Le taux de change “particulièrement avantageux” du peso est l’argument choc choisi par la ville de Buenos Aires pour tenter de convaincre les travailleurs à distance de venir dépenser leurs devises en Argentine, rapporte Bloomberg Businessweek :
Une campagne marketing lancée la ville pour attirer les travailleurs à distance payés en dollars, en livres sterling ou dans d’autres devises affirme que l’Argentine a ‘le taux de change le plus compétitif de la région’ ‘Buenos Aires une ville très bon marché !’ Le message évoque le futur visa d’un an réservé aux nomades numériques, ainsi que les avantages de Buenos Aires – le climat agréable, les boulevards arborés, la gastronomie et le bon niveau de sécurité comparé à celui des autres villes d’Amérique latine.”
Du fait de la récession que subit actuellement l’Argentine, de l’inflation galopante et de l’échec du gouvernement pour stabiliser la monnaie, 1 dollar vaut un peu plus de 200 pesos au taux non officiel (le taux “blue”), contre seulement 20 pesos il y a trois ans.
Le coût de la vie pour un nomade numérique qui arrive avec des dollars en poche et qui les échange au “aux “blue” est “incroyablement avantageux”, explique ainsi l’Américain Matthew Bowles, qui travaille aux États-Unis dans l’immobilier. Avec un tel pouvoir d’achat, “on hésite pas à acheter la bouteille de Malbec la plus chère parce qu’en fait elle est proposée à moitié prix”.
Le gouvernement argentin lui-même encourage les visiteurs étrangers à profiter du peso dévalué, note Bloomberg Businessweek, puisque la banque centrale leur permet de créer des comptes bancaires temporaires où ils peuvent placer les pesos obtenus contre leurs dollars selon le taux de change parallèle le plus favorable.
La ville de Buenos Aires fait d’ailleurs pression sur le gouvernement pour accélérer le lancement du visa d’un an spécial travailleurs à distance annoncé depuis déjà plusieurs mois et qui leur permettra de vivre en Argentine au-delà des 90 jours autorisés par un visa touristique. Objectif : attirer d’ici 2023 quelque 22 000 travailleurs à distance.
Buenos Aires a besoin des nomades numériques, plus faciles à attirer que les entreprises étrangères, souligne Bloomberg. Il lui faut compenser d’urgence le manque à gagner du secteur touristique : en 2019, les touristes étrangers avaient dépensé 1,8 milliard de dollars dans la capitale argentine.
“Les règles du jeu ont changé, explique Francisco Resnicoff, chargé des relations internationales dans l’équipe municipale. La concurrence pour attirer les touristes va désormais être plus rude et la ville qui saura le mieux s’adapter aux nouveaux modes de vie et aux nouveaux besoins des voyageurs sera gagnante.”
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Créé en septembre 1929 – quelques semaines avant le krach –, le magazine des affaires Business Week est resté pendant quatre-vingts ans dans le giron de l’éditeur américain McGraw-Hill. Mais au début des années 2000, ses revenus publicitaires s’effondrent et le titre devient déficitaire. L’hebdomadaire est racheté en 2009 par le groupe Bloomberg, qui le rebaptise. Grâce au réseau international de cette puissante agence, Bloomberg Businessweek peut aujourd’hui compter sur 2 700 journalistes et analystes, installés dans quelque 70 pays.
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