Publié le 06-08-2022 à 16h12
Monsieur et Madame Louis Gastrez de Mons doivent gérer un grand espace de pelouse. Ils entendent souvent parler de tonte raisonnée et souhaitent en savoir plus.
Durant des décennies, le gazon devait être régulièrement et parfaitement tondu.
Pas une herbe plus haute qu’une autre et, quelle horreur, certainement aucune “mauvaise herbe” !
L’utilisation d’engrais, de produits phytosanitaires et principalement d’herbicides sélectifs était monnaie courante.
Ces temps-là sont complètement et définitivement révolus !
Arroser une pelouse, une hérésie écologique
Depuis quelques années, les étés chauds et secs sont de plus en plus fréquents et ce n’est certes pas terminé. Dans les jardins, les plantes souffrent d’autant que bien souvent ce ne sont pas des espèces spécialement résistantes à des conditions de sécheresse aussi importantes. Le gazon lui aussi souffre et devient couleur paille. Arroser une pelouse est devenu une complète hérésie écologique et il faut donc trouver des alternatives.
Une tonte différenciée, une alternative
La tonte différenciée consiste à ne tondre que les allées qui permettront d’accéder à des points cruciaux du jardin comme le potager, le poulailler ou encore le compost pour ne citer que ces quelques exemples. Cette tonte nécessite donc une bonne réflexion de départ pour tracer ces “chemins tondus”. Cette technique de tonte implique également des réglages des hauteurs de coupe selon les endroits du jardin. Des exemples.
Dans le jardin d’agrément, les tontes sont un peu plus fréquentes sans pour autant tondre au ras du sol, ce qui est nuisible pour le gazon tandis que dans le verger il est tout à fait envisageable de ne faucher l’herbe qu’aux moments des récoltes.
Ne pas laissez tout pousser
Il n’est pas question de se laisser envahir par les ronces ou les orties sauf dans les zones sauvages du jardin.
Il faut aussi veiller à supprimer les éventuelles plantes ligneuses apparues par semis naturels. L’insertion en bordure des zones tondues de plantes indigènes (coquelicots, bleuets, chrysanthème des moissons, centaurées…) est tout à fait envisageable, soit par semis, soit par plantation.
Une réserve pour la biodiversité
Les herbes hautes forment une intéressante réserve pour la biodiversité avec ses micromammifères, ses insectes.
De nombreux insectes pollinisateurs et d’autres alliés du jardinier permettent d’avoir un jardin bien équilibré et généralement ces jardins posent peu de problèmes puisque les interactions entre zones non tondues et les autres sont bénéfiques.
Dans les eaux calmes : La petite lentille est une plante flottante
La petite lentille d’eau (Lemna minor), appelée aussi grain de grenouille ou bourrette, mesure moins de 0,5 centimètre de diamètre. Il s’agit d’une plante herbacée sur laquelle il est très difficile de différencier la tige et les feuilles et l’ensemble est appelé thalle. Son unique racine peut mesurer près de 10 centimètres ce qui est fabuleux comparé à la dimension de la plante. Comme il s’agit d’une plante flottante, la racine en question ne cherche pas à se fixer dans la vase mais sert surtout à capter les éléments nutritifs qui alimenteront la plante. Même si la petite lentille fleurit de temps à autre, il est très difficile de repérer les fleurs car elles sont presque microscopiques. Les lentilles d’eau se multiplient essentiellement par bourgeonnement des thalles. Chaque jeune thalle se sépare très rapidement du pied-mère pour vivre sa propre vie et c’est ainsi que notre Lemna part à la conquête des surfaces aquatiques. La petite lentille marque une nette préférence pour les eaux calmes. Ainsi, on les rencontre très couramment à la surface des étangs, des mares, des cours d’eau tranquilles et des jardins aquatiques. La seule chose qui rebute fortement Lemna est une acidité trop prononcée de l’eau (pH inférieur à 5). La plante flotte librement, au gré du vent, sur l’eau et recouvre quelquefois celle-ci d’un tapis vert continu. On a alors l’étrange impression de se trouver face à une étendue de pelouse alors qu’on a une mare couverte de lentilles ! Lorsque la belle saison touche à sa fin, les thalles de Lemna meurent et sombrent au fond des étangs, mares et autres pièces d’eau. Heureusement la nature est bien faite et chaque thalle en fin de vie protège en son sein de petits bourgeons qui eux restent bien vivants durant les mois froids. Au retour des beaux jours, la température de l’eau s’élève progressivement et nos petits bourgeons remontent à la surface pour donner naissance à de nouvelles petites lentilles. À titre indicatif, 100 lentilles d’eau peuvent donner vie en un an à plus de 2 500 jeunes plantes. De quoi couvrir de vastes superficies !
Plante de l’été : l’anémone du japon fleurit généralement d’août à octobre
L’anémone du Japon développe rapidement une forte touffe de forme arrondie composée de feuilles vert foncé, légèrement velues au revers et portant des nervures très visibles. Ce feuillage normalement caduc peut être semi-persistant lors des hivers relativement doux. La floraison de ces belles anémones se produit durant la deuxième partie de l’été, généralement d’août à octobre. Au moment de la floraison, les anémones du Japon “classiques” peuvent atteindre 80 cm à 1 m de hauteur pour un étalement d’une soixantaine de centimètres. Pour une abondante floraison il est important d’installer ces vivaces très rustiques (elles résistent à – 25 °C) à mi-ombre ou au soleil à l’exception des situations brûlantes. Un sol bien drainé mais gardant une bonne fraîcheur en été, riche en humus (terreau, compost parfaitement décomposé) lui convient parfaitement. À éviter absolument : les terres détrempées en hiver car elles provoquent rapidement une pourriture des racines et les sols calcaires. Idéalement la plantation se fait en automne ou au tout début du printemps à raison d’une densité de 4 plants au m². Un défaut ? Peut-être sa capacité à devenir quelque peu envahissante lorsqu’elle se plaît bien dans son nouvel environnement. Rien de bien compliqué pour l’entretien à apporter à ces plantes : il faut supprimer régulièrement les fleurs fanées pour ne pas épuiser les pieds et à la fin de la floraison couper à la base les hampes défleuries.
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