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Avec une inflation à 84,4% sur un an en novembre, la situation économique en Turquie ne semble pas s’améliorer pour les ménages. Et même si la hausse des prix a faibli le mois dernier pour la première fois depuis mai 2021 –elle culminait à 85,5% en octobre– elle pourrait, en réalité, être bien plus forte, selon des économistes indépendants du Groupe de recherche sur l’inflation (Enag). Ils affirment, en effet, que l’inflation atteignait 170,7% sur douze mois – dont 125% depuis le 1er janvier – contre 185,3% en octobre.
Pour tenter de soutenir sa population, le président, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé, ce jeudi, une revalorisation du salaire minimum. Ce dernier monte à 8.500 livres turques (TRY) , soit environ 455 euros contre 2.826 TRY fin décembre 2021, moins de 300 dollars à l’époque. Il avait été relevé à 4.253 TRY en janvier dernier et à 5.500 en juillet, à un niveau insuffisant pour vivre dans les grandes villes comme Istanbul. Plus de 40% des Turcs vivent avec le salaire minimum.
Les syndicats avaient réclamé 9.500 livres par mois mais le chef de l’Etat a indiqué qu’il n’a pas été possible de parvenir à un accord. « Après une série de rencontres, hélas, employés et employeurs n’ont pu se mettre d’accord sur un montant » a déclaré le président jugeant le « compromis raisonnable » .
Lire aussiTurquie : nouvelle hausse de l’inflation à +85,51%, du jamais vu depuis 1997
Reconnaissant que le pays traverse une « période critique » , à moins de six mois des élections présidentielle et législatives prévues au printemps prochain, Recep Tayyip Erdogan Erdogan a promis le « déclin rapide de l’inflation dès la fin du mois ».  Il s’est dit déterminé à la « réduire de 20% d’ici la fin de l’année prochaine ». L’inflation, alimentée par la baisse continue de la livre turque, n’a fait que s’accélérer dans le pays sur les dix-huit derniers mois, atteignant des niveaux inédits depuis 1998.
Si Erdogan se veut ambitieux quant à sa baisse dans les mois à venir, il a néanmoins opté pour une stratégie à rebours de toutes celles adoptées par les autres pays qui connaissent, eux aussi, de fortes hausses de prix. En effet, la Réserve fédérale américaine (Fed) ou encore la Banque centrale européenne (BCE) n’ont eu de cesse, en 2022, de resserrer leur politique monétaire. La BCE a ainsi procédé en décembre à la quatrième hausse de ses taux directeurs. En ralentissant la consommation, les institutions monétaires espèrent ainsi freiner la demande et donc le déséquilibre avec l’offre et faire baisser l’inflation. Une stratégie à laquelle échappe toutefois l’un des facteurs haussiers qui est la flambée des prix de l’énergie provoquée depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.
À rebours de ces politiques monétaires, Erdogan a, lui, contraint la Banque centrale de Turquie à renforcer celle ultra-accommodante menée jusque-là. Le 24 novembre, l’institution a abaissé, pour le quatrième mois consécutif, son principal taux directeur, le ramenant de 10,5% à 9%. L’an dernier, les taux d’intérêt turcs avaient déjà diminué pour passer de 19% en septembre 2021 à 14% en décembre. Restés stables entre janvier et juillet 2022, ils ont à nouveau été abaissés par la banque centrale chaque mois depuis août.
Lire aussiInflation en Turquie : pourquoi la politique d’Erdogan pourrait provoquer une crise monétaire

Ce devrait toutefois être la dernière fois. Le Conseil de la banque centrale a, en effet, estimé que le taux directeur est arrivé « à un niveau suffisant au regard des risques croissants concernant la demande mondiale », selon un communiqué de l’institution qui a donc « décidé de mettre fin au cycle de baisse des taux d’intérêt entamé en août ».

(Avec AFP)
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