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Tous les mois, le scénario se répète : en Turquie, l’augmentation des prix à la consommation poursuit une hausse constante depuis le début du 21e siècle. En octobre, l’inflation a atteint un nouveau record à 85,51% sur un an au mois d’octobre, contre 80,2% en septembre. Elle n’avait jamais été aussi haute depuis l’année 1997 quand elle culminait à 85,67%, selon les données officielles publiées ce jeudi.
Si le chiffre officiel semble déjà très haut, il pourrait être sous-estimé. Il est, en effet, contesté par les économistes indépendants du Groupe de recherche sur l’inflation (Nage) qui affirment que la hausse des prix atteint 185% sur l’année – dont 115% depuis le 1er janvier.
La Turquie n’est pas le seul pays à être confronté à l’inflation qui touche également les Etats-Unis, l’Union européenne ou encore la Norvège. Des pays et communautés donc les banques centrales ont, pour lutter contre la flambée des prix, pris la décision de resserrer leur politique monétaire. Mercredi, la Réserve fédérale américaine a ainsi annoncé le sixième relèvement consécutif de son taux directeur qui se situe désormais 3,75 et 4,00%. Le 27 octobre, la Banque centrale européenne a procédé à son troisième relèvement, de 75 points de base. De même, mi-août, la Banque centrale de Norvège a effectué une hausse son taux directeur de 50 points de base.
Un tel resserrement fait ainsi grimper les taux d’intérêt des banques aux ménages et entreprises et réduit ainsi la consommation et donc la demande. L’objectif : tenter de freiner l’inflation. Mais ce n’est pas la stratégie adoptée par la Turquie qui persiste à baisser régulièrement le taux directeur pratiqué par la Banque centrale du pays. En octobre, il est, en effet, de nouveau descendu pour le troisième mois consécutif, passant de 12% à 10,5%.
La Banque centrale turque avait alors justifié son choix en citant une nouvelle fois les « incertitudes sur la croissance mondiale et les risques géopolitiques ». « Le processus de désinflation débutera avec le rétablissement d’un environnement de paix dans le monde et la disparition des effets de base de l’inflation », avait-elle précédemment assuré en juin dernier.
La Turquie n’est pas le seul pays à retarder une hausse de ses taux directeurs. Au Japon aussi, la Banque centrale (BoJ) persiste à maintenir une politique ultra-accommodante, caractérisée par son taux négatif de 0,1% sur les dépôts des banques auprès d’elle (pour les inciter à prêter davantage) et ses achats illimités d’obligations publiques japonaises pour plafonner leurs rendements à dix ans à 0,25%… Le pays connaît pourtant, lui aussi, une inflation qui s’accélère même si, à 3%, elle reste bien inférieure aux niveaux atteints en Turquie ou au sein de la zone euro (le 19 pays à avoir adopté la monnaie unique) où elle culminait en octobre à 10,7% sur un an. Elle s’éloigne toutefois de l’objectif fixé par la BoJ de 2%.
Mais cette dernière estime que les conditions ne sont pas encore réunies pour un resserrement monétaire au Japon et craint qu’une hausse des taux ne fragilise la reprise de la croissance du pays, largement pénalisée par la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Car, en influant à la baisse sur la demande, une politique monétaire plus stricte a également pour effet de pénaliser la croissance économique pouvant entraîner une récession. C’est notamment le risque qui plane sur la zone euro. « Il ne s’agit plus de savoir si nous allons entrer en récession, mais de savoir de quelle sévérité sera cette récession (…) Une récession cet hiver en zone euro est imminente », ont ainsi prévenu les analystes du cabinet Oxford Economics. Le PIB de la zone euro a augmenté de 0,2% sur la période juillet-septembre par rapport au trimestre précédent, après avoir déjà mieux résisté que prévu au 2e trimestre (+0,8%), selon les chiffres d’Eurostat publiés le 31 octobre.
(Avec AFP)
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