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Confronté à une baisse de ses recettes pétrolières, le pays tente de contrôler ses réserves de change, avec pour conséquences une explosion du marché noir et une forte chute de la monnaie nationale.
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Les messages envoyés via WhatsApp sont insistants : « Je cherche quelqu’un qui pourrait verser 7 000 euros sur le compte de notre fournisseur. Mais j’aurai encore besoin de 30 000 le mois prochain. » La nervosité de l’intermédiaire libanais à la recherche d’un expatrié susceptible de lui fournir des devises étrangères est perceptible. « J’ai trouvé le gros de l’argent, mais il nous manque encore 640 euros », écrit-il quelques jours plus tard.
Ces temps-ci à Lagos, la gigantesque capitale économique du Nigeria, la pénurie de monnaies fortes est le sujet numéro un dans les milieux d’affaires, alors que la banque centrale, la CBN, rationne l’offre de dollars et intervient massivement pour stopper la dévaluation du naira, la devise nationale, sur fond de crise économique persistante.
« Cela se traduit notamment par des taux d’intérêt élevés et une série de politiques hétérodoxes telles que l’interdiction d’importer une quarantaine de produits de consommation courante ou la fermeture unilatérale des frontières terrestres du pays entre août 2019 et décembre 2020 », détaille Yvonne Mhango, économiste pour la banque d’investissement Renaissance Capital, à Johannesburg.
La baisse des prix du pétrole – dont le Nigeria est le sixième producteur mondial – durant les premiers mois de la pandémie de Covid-19 a asséché les réserves de change. Dans le sillage de la crise sanitaire, celles-ci ont été également affectées par la baisse des transferts de fonds de l’immense diaspora nigériane (– 24 % au premier trimestre 2021 par rapport à l’année précédente), alors qu’ils étaient déjà passés de 23,4 à 16,9 milliards de dollars entre 2019 et 2020 (de 20,9 à 13,8 milliards d’euros).
« Il n’y a plus assez de dollars dans les caisses pour soutenir la monnaie, donc la CBN a décidé de limiter l’offre au maximum sur le marché des changes, afin d’éviter que ses réserves ne soient totalement siphonnées, notamment par les acteurs privés qui ont besoin de dollars pour importer », résume un diplomate en poste à Abuja, la capitale politique. Obtenir des devises étrangères au guichet officiel de la banque centrale est ainsi devenu un véritable parcours du combattant.
« Une grande entreprise qui a besoin de 5 ou 6 millions de dollars chaque mois pour fonctionner va réussir à en avoir 500 000 ou 600 000 au taux de la banque centrale », souligne le diplomate. « Il faut parfois attendre plusieurs mois pour obtenir une autorisation d’importer. Et encore, on ne nous octroie qu’une petite portion de la somme demandée », se plaint aussi le propriétaire d’un commerce de détail à Lagos, qui souhaite conserver l’anonymat.
Fin juillet, la CBN est allée plus loin en cessant de vendre des devises étrangères aux bureaux de change, accusés de contribuer à l’instabilité du marché en pratiquant un taux de conversion différent de celui appliqué par l’institution monétaire (environ 411 nairas pour 1 dollar). Mais au lieu de stopper l’hémorragie, cette décision a fait exploser les circuits parallèles et entraîné une spirale de dépréciation du naira, qui a chuté jusqu’à 580 pour 1 dollar sur le marché noir vendredi 24 septembre.
Malgré ce taux de change prohibitif, les acteurs économiques n’ont d’autre choix que de se tourner vers les revendeurs non autorisés pour satisfaire leurs besoins en devises étrangères. « On trouve des arrangements de gré à gré avec des sociétés qu’on connaît et qui peuvent facturer en dollars », détaille la directrice financière d’une filiale d’un groupe international, qui préfère elle aussi taire son nom compte tenu de la sensibilité du sujet auprès des autorités : « D’autres sociétés passent par des intermédiaires, mais dans ces cas-là il est beaucoup plus difficile de vérifier l’origine des fonds. »
Sous pression de la CBN, le site AbokiFX, qui servait d’outil de référence pour connaître le taux de change sur le marché parallèle depuis 2014, a cessé de donner cette information depuis le 17 septembre.
« Maintenant, quand j’ai besoin de connaître le taux du jour, j’envoie nos chauffeurs dans trois bureaux de change différents pour me faire une idée de la tendance », poursuit la directrice financière. Pour d’autres, la question n’est plus là. « Quand j’appelle mon intermédiaire pour payer mes fournisseurs en Europe, je ne lui demande même plus le taux de change, je veux juste savoir combien de dollars il va pouvoir me fournir ! », s’exclame le commerçant déjà cité.
Si les multinationales peuvent toujours s’endetter auprès de leur siège afin de poursuivre leurs activités, la situation est plus critique pour les compagnies locales. Le directeur de l’Association des fabricants du Nigeria, Segun Ajayi-Kadir, peste contre le gouvernement fédéral, « qui ne soutient absolument pas la production locale », pourtant la seule solution pour alléger la dépendance du pays aux devises étrangères.
« Il faudrait débloquer immédiatement 2 milliards de dollars pour les fabricants afin qu’ils puissent continuer d’importer les matériaux dont ils ont besoin », poursuit Segun Ajayi-Kadir, qui rappelle que la compétitivité de l’industrie nigériane est déjà entravée par une série de problèmes structurels. « Imaginez que cela coûte aussi cher de faire venir un conteneur depuis l’étranger que de le transporter du port de Lagos jusqu’à l’entrepôt situé à 27 km de là ! », se lamente-t-il.
La semaine dernière, le Nigeria a tout de même émis avec succès pour 4 milliards de dollars d’obligations Eurobond, qui s’ajoutent à un droit de tirage spécial de 3,35 milliards de dollars accordé par le Fonds monétaire international (FMI) en août. Mais cela ouvre peu de perspectives sur le long terme, compte tenu des besoins en liquidités du pays et de ses contraintes budgétaires. Mercredi, un utilisateur du site AbokiFX disait avoir échangé 615 nairas pour 1 dollar, signe que la pression reste forte sur le marché parallèle.
Liza Fabbian(Lagos, correspondance)
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