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FactuelSymboles d’unité et de réussite, les équipes russo-ukrainiennes sont omniprésentes dans l’e-sport. Alors que les compétitions de « Counter-Strike » reprennent cette semaine, certains joueurs craignent de devenir des parias, tandis que les autres apprennent à vivre sous les bombes.
Sa voix tremble un peu, mais l’Ukrainien Oleksandr « S1mple » Kostyliev sait qu’il peut compter sur le soutien sans faille de son équipe, solidement campée à ses côtés. Alors, le meilleur joueur du jeu vidéo Counter-Strike : Global Offensive au monde se lance, devant un public de 8 000 personnes suspendu à ses lèvres. « Tout au long de ma carrière, j’ai joué avec des joueurs ukrainiens, j’ai joué avec des joueurs russes et j’ai joué avec des joueurs américains », énumère le capitaine de Natus Vincere (NAVI) :
« C’étaient tous des gars super. Et en ce moment même, je suis avec mes amis. Mes vrais amis. »
Son discours terminé, le natif de Kiev rend le micro au présentateur et part s’installer devant son ordinateur, pour démarrer sa demi-finale des IEM Katowice, en Pologne. A ses côtés, ses coéquipiers s’installent à leur tour. Trois Russes et deux Ukrainiens, côte à côte, prêts à défendre leur place de numéros un mondiaux.
Cette scène s’est déroulée le 25 février, au lendemain de l’invasion de l’Ukraine. Depuis, S1mple et ses coéquipiers ne sont toujours pas rentrés chez eux et sont restés à l’abri, à Varsovie. Ils sont devenus, comme bon nombre de ses compatriotes, des réfugiés. Mercredi 30 mars, ils font, malgré tout, leur grand retour à la compétition, à l’occasion de l’ESL Pro League, en direct de Düsseldorf (Allemagne). Avec un nouveau costume à assumer pour NAVI : celui de symbole d’union entre les peuples, dans un milieu, l’e-sport, où Russie et Ukraine évoluent main dans la main depuis des années, et qui va devoir surmonter les fractures créées par la guerre.
Au moment de lancer sa première partie, S1mple aura certainement une pensée pour sa mère dont il a, pour l’une des premières fois en vingt-quatre ans, manqué l’anniversaire, début mars. « C’était la semaine dernière et elle l’a fêté avec les lumières éteintes. Parce qu’à tout moment une bombe peut s’écraser chez nous », a-t-il raconté en direct sur la plate-forme de diffusion de vidéo Twitch, avachi dans une chambre d’hôtel aux grands murs blancs. Quelque 40 000 spectateurs buvaient ses paroles : en son pays, Kostyliev est une superstar, fort de plus d’un million de followers sur Instagram. Même en Pologne, il lui arrive d’être reconnu par des Ukrainiens ayant fui leur pays. A Varsovie, il est pourtant, comme eux, un réfugié, qui ne peut pas rentrer à Kiev, sous peine d’être mobilisé, comme tous les hommes de 18 à 60 ans.
« Nous étions prêts à aider tout joueur qui en avait besoin »
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