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PARIS: Suivre sa glycémie, sa fréquence cardiaque ou encore son sommeil en quelques minutes et depuis son smartphone : c’est la promesse attirante, mais souvent pas ou mal tenue d’un nombre grandissant d’applications.
Ces dernières années, le marché des applications de santé a explosé dans le monde pour atteindre plusieurs centaines de milliers d’applications à caractère médical.
Derrière ces chiffres, une grande variété de dispositifs plus ou moins élaborés : du suivi de maladies chroniques à l’anticipation de rechutes éventuelles de cancer, ou encore à la prise de variables médicales, à l’aide ou non d’objets connectés.
Il existe ainsi “un tas d’applications qui proposent de suivre la fréquence cardiaque” grâce à un smartphone, indique Nicolas Pagès, anesthésiste réanimateur et fondateur de Statelia, plateforme remboursée par la Sécurité sociale, qui propose un suivi aux patients insuffisants cardiaques.
“Il suffit de mettre son doigt sur l’appareil photo du téléphone et cela détecte les pulsations à partir de la variation des couleurs”, explique-t-il à l’AFP.
Si cette technologie “marche très bien”, difficile de savoir s’il en est de même pour d’autres applications, insiste-t-il. “Il y en a qui sont totalement farfelues” et “ce qui est difficile, c’est de s’y retrouver, de différencier les applications sérieuses de celles qui ne le sont pas”.
Manque d’évaluation
Car les belles promesses sont souvent bâties sur du vent, alerte-t-il. La grande majorité des applications téléchargeables par le grand public n’ont en effet pas prouvé leur efficacité.
Une étude menée par une équipe française et publiée en juillet dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR) a mis en lumière ce problème. Sur 68 applications françaises analysées, 64%, soit plus des deux tiers, n’avaient réalisé aucune étude clinique pertinente avant leur commercialisation.
Et seules 21% des applications avaient réalisé une étude randomisée, soit un protocole expérimental destiné à mesurer leur efficacité. Notamment parce qu’elles ont un coût – plusieurs dizaines de milliers d’euros – et ne sont pas rendues obligatoires.
“Il n’y a pas le même circuit pour une application en médecine que pour le circuit du médicament par exemple”, regrette Rémi Sabatier, cardiologue au CHU de Caen, et vice- président de l’Institut national de e-santé, qui cherche à structurer cet écosystème.
“Il y a eu des applications qui proposaient une mesure de la tension et qui étaient complètement bidon”, relève-t-il. Ce qui est “très ennuyant parce que les gens qui les utilisaient pensaient surveiller leur tension”, et étaient donc mis en danger.
«C’est vous le produit»
Autre risque: celle de la sécurisation des données très sensibles de santé. “Pour le moment, c’est un peu le far west”, regrette Vincent Trely, président fondateur de l’Association pour la sécurité des systèmes d’information de Santé.
Une grande partie des applications disponibles sont gratuites. Or, “si c’est gratuit, c’est vous le produit”, expose-t-il, avec “l’unique objectif de collecter des données en masse” pour les revendre.
Pour autant, toutes les applications ne sont pas à mettre dans le même panier. Il existe une vraie différence entre les applications de bien-être et celles purement médicales, pointent les spécialistes, même si “la frontière est parfois ténue et la législation laisse le choix à chacun de dire où il se situe”, relève Rémi Sabatier.
Ainsi, les “applications promues par les médecins” sont “fiables”, assure Vincent Trely, mais sont très peu nombreuses. Validées scientifiquement, elles proposent pour la plupart le suivi de pathologies cardiaques ou chroniques comme le diabète.
Disponibles sous prescriptions, elles sont remboursées par l’Assurance maladie. Si elles sont encore peu connues, elles devraient gagner en visibilité prochainement avec la mise en place sur l’espace numérique de Santé d’une plateforme de téléchargement dédiée.
Ce changement ouvrira peut être aussi un débat sur la finalité de ces applications, la grande majorité des dispositifs visant actuellement à “améliorer la santé des gens qui ne sont pas malades”, relève Nicolas Pagès.
“Rien n’empêche les gens de prendre leur fréquence cardiaque pour le fun, mais ce qui coûte de l’argent à la société française c’est les maladies chroniques”, relève-t-il, plaidant pour le développement d’outils pour “mieux prendre en charge ces gens” et “faire qu’ils soient moins hospitalisés”.
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SAN FRANCISCO: Les avocats de Twitter et d’Elon Musk ont débattu mardi des éléments à fournir par chacune des parties, à trois semaines d’un procès sans précédent sur le projet de rachat du réseau à 44 milliards de dollars.
“Passons la rhétorique et entrons dans le vif du sujet”, s’est exclamée la juge américaine Kathaleen McCormick, après plus de trois heures d’argumentation lors de l’audience préliminaire organisée via Zoom.
Les avocats de l’homme le plus riche au monde ont de nouveau réclamé l’accès à plus de données sur les comptes inauthentiques ou automatisés, au cœur des arguments avancés par leur client pour renoncer à acquérir la plateforme.
Ils estiment en revanche que Twitter leur demande trop d’informations sur leurs échanges avec Peiter Zatko, ancien chef de la sécurité du réseau social devenu lanceur d’alerte, qui a accusé cet été son ancienne entreprise d’avoir dissimulé des vulnérabilités informatiques et menti sur sa lutte contre les faux comptes.
Début juillet, le groupe basé à San Francisco a lancé des poursuites contre Elon Musk, pour le forcer à honorer le contrat d’acquisition signé fin avril.
Selon le conseil d’administration, la proportion de spams sur la plateforme est un prétexte mis en avant par l’homme d’affaires, qui aurait changé d’avis en voyant la valeur des sociétés chuter en Bourse ces derniers mois.
Les avocats de Twitter ont nié mardi abuser du secret professionnel pour ne pas divulguer certains documents.
Ils doivent interroger Elon Musk lors d’une déposition à huis clos qui a été reportée aux 6 et 7 octobre, selon plusieurs articles de presse.
Le procès doit s’ouvrir le 17 octobre dans un tribunal spécialisé de l’État du Delaware (côte est des États-Unis), et durer cinq jours.
Le marché a longtemps donné l’avantage à Twitter, la loi du Delaware étant a priori favorable au respect des contrats. Et la présidente de la cour, Kathaleen McCormick, a accordé à l’entreprise un procès rapide, alors que le multimilliardaire voulait attendre l’année prochaine et demandait des quantités astronomiques de données.
Mais l’intervention surprise du lanceur d’alerte a ajouté une dimension à l’affaire, depuis que la juge a autorisé Elon Musk à inclure dans ses arguments les nouvelles accusations.
La bataille au tribunal pourrait déboucher sur “un accord, le paiement de frais pour rupture du contrat, l’obligation de racheter Twitter comme prévu et une myriade d’autres résultats”, considère Dan Ives, de Wedbush Securities, dans une note mardi.
L’analyste continue aussi de croire “possible que les parties négocient en coulisse”.
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NEW YORK: L’euro reculait de nouveau mardi face au dollar, à un souffle de son record depuis 20 ans, déséquilibré par les inquiétudes liées au gazoduc Nord Stream, tandis que plusieurs autres devises atteignaient aussi des niveaux plus vus depuis des années face au billet vert.
La monnaie unique cédait 0,13% face au “greenback”, un des surnoms du dollar, à 0,9596 dollar pour un euro, proche du plancher de 20 ans enregistré dans la nuit de dimanche à lundi, à 0,9554 dollar.
La devise commune à 19 pays européens n’aura profité que brièvement d’une timide tentative de rebond des marchés actions et obligataires, assez vite coupée dans son élan.
“L’euro rencontre des difficultés supplémentaires avec cette situation sur le gaz naturel”, a expliqué Brad Bechtel, de Jefferies. “Personne ne sait ce qui se passe avec ces gazoducs.”
Les deux gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2, actuellement hors service, qui assurent l’essentiel des approvisionnements de l’Europe en gaz russe ont été victimes de trois fuites importantes, précédées d’explosions.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a affirmé mardi que ces incidents étaient liés à “des actes délibérés”.
Ce dernier développement s’ajoute à la crise énergétique qui frappe déjà le continent et menace de freiner l’économie de la zone euro.
Face à cette situation, plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, ont annoncé ou préparent des mesures pour limiter les effets de la flambée des prix de l’énergie sur les consommateurs et les entreprises, moyennant l’alourdissement des dépenses publiques.
Pour Brad Bechtel, l’euro devrait “très probablement” poursuivre son repli face au dollar, et la zone euro risque “de tomber dans le même piège que le Royaume-Uni, à savoir faire des promesses budgétaires sans avoir les moyens de les financer”.
Parmi les membres de la zone euro, l’Italie concentre les regards depuis le succès électoral, dimanche, de l’alliance formée autour de la cheffe du parti post-fasciste Fratelli d’Italia, Girogia Meloni.
Cette dernière, pour peu qu’elle parvienne à former un gouvernement, entend renégocier le plan de soutien européen dont l’Italie a déjà reçu plusieurs tranches, mais qui prévoit encore une enveloppe de près de 200 milliards d’euros.
Mardi, le rendement des emprunts d’État italiens à 10 ans a poursuivi son escalade, à 4,77%, une première depuis neuf ans. L’écart entre ce taux et son équivalent pour l’Allemagne est au plus haut depuis près de deux mois.
Le tableau pourrait encore se noircir avec la publication, vendredi, de l’indice des prix en zone euro pour septembre, attendu proche de 10% sur un an, contre 9,1% en août.
L’euro n’est pas la seule devise en difficulté face au dollar. Si la livre est parvenue à rebondir après son record historique au plus bas de la nuit de dimanche à lundi, le zloty polonais et le forint hongrois sont descendus mardi à un niveau inédit face au dollar.
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RABAT: La Banque centrale du Maroc (BAM) a relevé mardi son taux directeur de 50 points de base, à 2%, afin de juguler une “forte accélération de l’inflation”, selon un communiqué de l’institution.
Cette hausse, attendue, a été décidée pour “assurer les conditions d’un retour rapide à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix”, précise le communiqué de la banque centrale publié à l’issue de la réunion trimestrielle de son conseil.
Elle survient dans un contexte de poussée inflationniste alimentée par la flambée des prix des matières premières au niveau mondial.
Ainsi l’indice des prix à la consommation a progressé de 8% en août sur un an, “tiré essentiellement par le renchérissement des produits alimentaires et des carburants”, selon la BAM.
“Aujourd’hui, les prix brûlent les caddies des consommateurs et leurs portefeuilles. L’inflation est cruelle pour les revenus modestes”, a averti lundi le quotidien L’Economiste dans son éditorial, affirmant que “la sortie de crise sera difficile”.
Sur l’ensemble de l’année 2022, l’institution monétaire table sur une inflation de 6,3% (contre 1,4% en 2021). Elle reviendrait à 2,4% en 2023.
La croissance de l’activité économique accusera quant à elle un “net ralentissement” à 0,8% en 2022 (+7,9% en 2021), poussé par “un recul de 14,7% de la valeur ajoutée agricole et une décélération du rythme des activités non agricoles”, ajoute la BAM qui prévoit une reprise de 3,6% en 2023 (à condition d’une bonne récolte céréalière).
Cette situation reste “marquée profondément par les séquelles de la pandémie (de Covid-19) et les implications de la guerre en Ukraine” mais également par “les répercussions d’une sécheresse particulièrement sévère”, souligne son communiqué.
L’économie du pays maghrébin reste largement tributaire du secteur agricole et de la pêche qui représentait encore près de 12% du PIB en 2020.