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Pourquoi parler de la bourrache, plante annuelle, en plein hiver ? Simplement parce que dans les régions à climat doux, ou bien cultivée en serre froide, elle est encore fleurie !
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La bourrache, coqueluche du jardinier et du cuisinier
Même si, traditionnellement, elle se place au potager ou au jardin d’herbes, elle fait merveille au jardin d’ornement, où son bleu si rare transcende les autres fleurs.
Sani/matteosan – stock.adobe.com
Si la bourrache est annuelle, elle se comporte parfois en bisannuelle, suivant la date de semis. Le temps entre le semis et la maturité des graines est très court : trois mois environ. Il n’est pas rare de trouver en même temps des pieds fanés, des plantes épanouies et d’autres juste nées. Elle se propage si bien que l’on peut découvrir des bébés aussi bien dans la pelouse, dans les parties travaillées du jardin qu’entre deux pierres.
Décorative avec ses fleurs en étoiles bleues disposées en grappes lâches, elle a sa place aussi bien au potager, au jardin d’herbes que dans les massifs. Les tiges dressées de 30 à 70 cm de haut, sont habillées de grandes feuilles ovales, poilues, légèrement piquantes.
C’est une plante potagère, condimentaire et mellifère – les abeilles et les papillons ne la quittent pas –, fort utile pour l’environnement. Semez-la, de mars à octobre, au soleil, en sol profond, frais, humifère et léger. Échelonnez les semis, cette plante montant à graines rapidement. Sous châssis ou serre froide, vous pouvez la semer dès maintenant. Les feuilles et les fleurs se cueillent au fil des besoins.
Feuillage et fleurs ont la fraîcheur du concombre et une saveur iodée rappelant les fruits de mer, en particulier l’huître. Jeunes, les feuilles, ciselées grossièrement, agrémentent les salades et les poissons. Coupez-les très finement dans une mayonnaise, pour accompagner les crustacés. Lorsqu’elles grandissent, faites-les cuire.
Grâce à leurs qualités mucilagineuses, elles épaississent potage et sauce, et se marient aux légumes feuilles pour concocter gratins et tartes salées.
Quant aux fleurs, elles décorent joliment les plats. Depuis quelques années, les chefs en sont fous… parfois un peu trop !
Antitussive, dépurative, émolliente, expectorante, sudorifique, laxative, sédative, antirhumatismale, stimulante, diurétique… Riche en calcium et en potassium, en vitamines A, B et C. Ses propriétés sont innombrables. Utilisez fleurs et feuilles, fraîches ou séchées, en infusion ou en décoction.
La bourrache est cultivée, à grande échelle, pour être transformée en huile dont les vertus anti-âge font rêver les femmes atteignant l’âge de la ménopause : elle améliore l’état de la peau, lutte contre le vieillissement, en régulant la circulation sanguine et les fonctions hormonales. Pour bénéficier de ses pouvoirs, appliquez les feuilles ébouillantées, puis refroidies, en masque. Et fabriquez votre tonique quotidien avec une décoction, à conserver au réfrigérateur une semaine.
Qui sème la bourrache ? Tous les jardiniers ! Les gourmands, les esthètes, les pressés, mais aussi ceux qui jardinent en accord avec la nature, car la bourrache possède de nombreuses vertus pour l’environnement.
Même si, traditionnellement, elle se place au potager ou au jardin d’herbes, elle fait merveille au jardin d’ornement, où son bleu si rare transcende les autres fleurs. Si elle se plaît, elle s’installe et ne quitte plus le jardin, sans être invasive.
Elle attire les butineurs. Adoptez-la au verger, et au potager, près des légumes fruits, pour une meilleure pollinisation. Elle apporte au sol du potassium, du calcium et autres minéraux indispensables à la culture des légumes. Elle protège les choux des chenilles des piérides, et éloigne les limaces.
C’est un excellent activateur pour le compost, accélérant le processus de décomposition.
Indigène en Europe – on la trouve sauvage, dans de nombreuses régions –, cette plante vient certainement de Syrie, d’Égypte ou de Sibérie. Les Grecs anciens utilisaient déjà ses fleurs pour parfumer le vin. Ils la nommaient euphrosine (qui rend heureux).
Elle fut certainement introduite en Europe avant l’Antiquité, puis tomba dans l’oubli, puisqu’elle ne figure pas dans le capitulaire De Villis, qui recensait les plantes utiles préconisées par Charlemagne.
C’est au milieu du Moyen Âge qu’elle refait surface. Au XIVe siècle, on la trouve en bonne place, faisant partie des soupes d’herbes, dans Le Mesnagier de Paris. L’intérêt de cet ouvrage – s’il comprend des conseils pour la chasse et le jardinage par exemple – réside surtout dans les recettes de cuisine : il nous donne les indications sur ce que mangeaient nos aïeux. Cette plante est aussi citée dans le Livre des Simples Médecines, pour soigner les maladies du cœur.
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