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Lyon – Villeurbanne – Caluire
jeu. 08/09/2022
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L’attaque militaire de l’Ukraine par la Russie a entraîné la chute des places boursières. Lors des premiers échanges vers 8H15 GMT (9h15 en France), la Bourse de Paris perdait 3,15%, celle de Francfort 3,73%, Londres 2,45% et Milan 3,10%. L’indice européen de référence Eurostoxx 50 chutait lui de 3,48%.
Les conséquences ont été encore plus nettes en Russie. La Bourse de Moscou a plongé de plus de 30% et la monnaie russe, le rouble, a atteint un plus bas historique face au dollar avant l’intervention de la banque centrale du pays. En conséquence, la Banque centrale russe a annoncé jeudi commencer des « interventions » sur le marché des changes afin de « stabiliser la situation ».
Mais les marchés européens n’ont pas été les seuls touchés. En Asie, Hong Kong perdait 3,24%. Tokyo a fini en forte baisse de 1,81% et Shanghai de 1,70%. Plus tard dans la journée, la Bourse de New York a ouvert en nette baisse. Dans les premiers échanges, le Dow Jones était en repli de 2,30%, l’indice Nasdaq, à forte composition technologique, perdait 2,74%, et l’indice élargi S&P 500, lâchait 2,32%.
L’attaque aérienne et terrestre de l’armée russe contre l’Ukraine s’est aussi rapidement répercutée sur les prix de l’essence. Pour rappel, avec 10% de la production mondiale, la Russie est le 3e plus gros exportateur de pétrole sur la planète, derrière les États-Unis et l’Arabie Saoudite.
À la mi-journée, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, la référence de l’or noir en Europe, s’envolait de 7,84% à 104,43 dollars, et le baril de West Texas Intermediate grimpait de 7,31% à 98,81 dollars. Les deux références du brut n’avaient plus connu de tels sommets depuis 2014. « Le marché prévoit un resserrement massif de l’offre » d’or noir, estime Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.« En cas d’interruption partielle des livraisons de pétrole russe, les autres grands pays producteurs ne pourraient compenser que dans une mesure limitée », prévient l’analyste.
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Le prix du gaz naturel s’est envolé de 40%, la plus importante hausse en une journée depuis 2019.« La flambée du prix du pétrole est une terrible nouvelle pour les entreprises et les consommateurs, et fondamentalement cela clarifie l’un des principaux impacts de la guerre entre la Russie et l’Ukraine » sur l’économie mondiale: « elle servira à alimenter davantage l’inflation », affirme Russ Mould, analyste chez AJ Bell. « Les factures d’énergie continueront d’augmenter », poursuit-il.
La Russie est également le premier exportateur mondial de gaz naturel. Le Vieux Continent importe près de la moitié de ses besoins depuis la Russie. Le géant français TotalEnergies a d’ailleurs annoncé qu’il n’existait pas de solution immédiate pour remplacer sur le marché du gaz européen les importations venues de Russie, si celles-ci devaient cesser.
Le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune avait quant à lui assuré mercredi que l’Europe avait « assez de stocks pour passer l’hiver ». À la suite de la reconnaissance de provinces ukrainiennes prorusses, l’Allemagne avait fini par se résoudre mardi à suspendre la certification du gazoduc Nord Stream 2, un projet phare pour Berlin comme pour Vladimir Poutine mené depuis longtemps malgré les critiques. Un haut responsable américain a vu dans l’annonce de Berlin un « tournant majeur » qui « libérera l’Europe de l’étau géostratégique russe » lié à l’approvisionnement en gaz naturel.
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L’Ukraine est respectivement le cinquième et le quatrième exportateur mondial de blé et de maïs. Ce jeudi à la mi-journée, les prix des céréales ont donc flambé sur le marché européen. Le blé a même connu un pic à 344 euros la tonne, un niveau plus de 30€ supérieur au précédent record datant du 24 novembre 2021 (313,5€). Le cours du blé a ensuite dégonflé, tout en se maintenant à un niveau très élevé, autour de 320 euros la tonne sur l’échéance de mars. Sans atteindre ces niveaux inédits, le maïs a aussi vu son cours grimper jusqu’à 304 euros la tonne, à 16€ du précédent record établi en août dernier.
Toutefois, les conséquences de l’attaque lancée dans la nuit par la Russie sont encore difficiles à prévoir pour les marchés agricoles: « C’est totalement inédit », a souligné Sébastien Poncelet, du cabinet Agritel. La France, première puissance agricole de l’Union européenne, dispose de stocks de céréales. Les réserves françaises et américaines pourraient en partie pallier une baisse des exportations ukrainiennes, selon les analystes.
Déjà en hausse ces derniers jours, les prix du colza ne cessent d’augmenter. « La Russie et l’Ukraine sont les deux premiers pays producteurs de tournesol au monde. L’Ukraine à elle seule exporte plus de 50% des huiles de tournesol dans le monde », a rappelé le cabinet Agritel dans une note.
À la mi-journée sur Euronext, la tonne de colza progressait de 37,75 euros sur l’échéance de mai à 778 euros, et de 53,50 euros sur l’échéance d’août à 698,50 euros. Le cours de clôture le plus élevé a été atteint le 7 janvier 2022, sur l’échéance février 2022, au prix de 828 euros. L’huile de palme était également en plein boom, progressant de près de 500 ringgit, à 6.458 ringgit la tonne, sur l’échéance de mai 2022 à la bourse de Kuala Lumpur.
Enfin, le conflit armé en Ukraine pourrait bien avoir des conséquences sur la marine marchande. La Chambre internationale de la marine marchande (ICS) a mis en garde jeudi contre une perturbation des chaînes d’approvisionnement « si la libre circulation des marins ukrainiens et russes était entravée ».
Ces deux nationalités représentaient 14,5% de la main-d’œuvre mondiale du secteur de la navigation en 2021. Or de leur libre-circulation dépendent les échanges commerciaux. Le transport maritime est responsable de l’acheminement de près de 90% du commerce mondial. Si celui-ci venait à être entravé, on pourrait observer des pénuries et des fortes hausses de prix.