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Plus de six millions de foyers en Ukraine étaient affectés par des coupures d’électricité en Ukraine vendredi, deux jours après des frappes massives russes contre ce pays, a indiqué le président Volodymyr Zelensky.
«Ce soir (vendredi), des coupures se poursuivent dans la plupart des régions et à Kiev. Plus de six millions de foyers au total», contre presque 12 millions mercredi, jour où ces bombardements massifs ont eu lieu, a déclaré M. Zelensky dans son adresse quotidienne.
Kiev – avec quelque 600’000 foyers privés d’électricité dans la soirée – et sa région, ainsi que les provinces d’Odessa (sud), de Lviv, de Vinnytsia (ouest) et de Dnipropetrovsk (centre-est), sont les plus touchées par les coupures, a-t-il ajouté, appelant les Ukrainiens à économiser l'électricité dans les zones où le courant a été rétabli.
La stratégie de Moscou consistant à bombarder les installations énergétiques ukrainiennes, suivie depuis octobre sur fond de revers militaires, est constitutive de «crimes de guerre» pour les alliés occidentaux de l’Ukraine et qualifiée de «crime contre l’humanité» par le président Zelensky, qui a visité plus tôt dans la journée Vychgorod, ville au nord de Kiev où les frappes ont fait six morts et des dizaines de blessés mercredi.
Le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly a effectué vendredi une visite en Ukraine où il a rencontré le président Volodymyr Zelensky et annoncé de nouvelles aides aux Ukrainiens «dans leur combat».
Lors de sa visite, six jours après celle du Premier ministre britannique Rishi Sunak, M. Cleverly a notamment annoncé la livraison de 24 ambulances supplémentaires et 3 millions de livres en plus pour aider à la reconstruction d’infrastructures.
M. Cleverly a rencontré à Kiev le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le chef de la diplomatie Dmytro Kouleba. «Le Royaume-Uni est aux côtés de l’Ukraine», a dit M. Cleverly cité dans un communiqué du gouvernement britannique.
«J’ai annoncé aujourd’hui un ensemble de mesures concrètes pour aider nos amis ukrainiens dans leur combat, qu’il s’agisse d’ambulances ou d’un soutien crucial aux survivantes des violences sexuelles perpétrées par l’armée russe», a-t-il dit, sans plus de détails.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui remercié M. Cleverly de son soutien, se félicitant que Kiev et Londres soient «véritablement amis».
«Votre visite a lieu dans le contexte d’une attaque de missiles russes à grande échelle, qui a laissé toute l’Ukraine sans électricité et sans eau. Mais cela ne vous a pas arrêté. Merci», a-t-il déclaré au ministre britannique.
Samedi, Rishi Sunak en visite en Ukraine avait déjà annoncé une aide militaire d’un montant de 50 millions de livres (57,4 millions d’euros) et une aide humanitaire de 16 millions de livres (18,3 millions d’euros).
L’aide militaire comporte «125 canons anti-aériens et de la technologie pour contrer les drones meurtriers fournis par l’Iran (à Moscou, ndlr), y compris des dizaines de radars et de l’équipement électronique anti-drones», avait indiqué Downing Street.
Mercredi, Londres – l’un des plus forts soutiens de Kiev depuis l’invasion russe en février – avait aussi annoncé l’envoi d’hélicoptères pour soutenir les Ukrainiens.
Le Royaume-Uni s’est également engagé à fournir 5 millions de livres pour une initiative menée par l’Ukraine par l’intermédiaire du Programme alimentaire mondial de l’ONU et destinée à envoyer des céréales ukrainiennes pour les pays à fort risque de famine comme le Yémen et le Soudan.
Quinze civils ont été tués vendredi dans un bombardement russe sur la ville de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, a annoncé une responsable de la ville, d’où les troupes de Moscou se sont retirées récemment.
«Aujourd’hui, 15 habitants de la ville ont été tués et 35 blessés, dont un enfant», à la suite des frappes russes, a affirmé Galyna Lugova, responsable de l’administration militaire de la ville, sur les réseaux sociaux. Elle a précisé que plusieurs «maisons privées et des immeubles de grande hauteur» avaient été endommagés lors des frappes.
La diplomatie russe a dénoncé vendredi la résolution du Parlement européen qui a qualifié cette semaine la Russie d’«État promoteur du terrorisme», Moscou affirmant que cette décision «n'a rien à voir» avec la lutte contre le terrorisme.
«Cette action inamicale fait partie d’une campagne politique d’information menée par l’Occident à l’égard de notre pays et n’a rien à voir avec la situation réelle dans la lutte contre le terrorisme international», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
Le Parlement européen a voté mercredi un texte qualifiant la Russie d’«Etat promoteur du terrorisme» dans le conflit en Ukraine, appelant les 27 pays de l'Union européenne à en faire de même.
Dans le texte adopté à Strasbourg par 494 voix pour (58 voix contre et 44 abstentions), les eurodéputés décrivent «la Russie comme un État promoteur du terrorisme et comme un État qui utilise des moyens terroristes».
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé à de nombreuses reprises la communauté internationale à déclarer «terroriste» le régime du président Vladimir Poutine.
La décision du Parlement européen est à ce stade surtout symbolique, en l’absence de cadre juridique adéquat dans l’UE, à la différence des Etats-Unis.
La Russie va «atteindre ses objectifs» en Ukraine, a assuré vendredi le président russe Vladimir Poutine, lors d’une rencontre organisée par le Kremlin avec des mères de soldats et mobilisés russes, diffusée à la télévision publique.
M. Poutine s’en est pris à des «ennemis dans le champ informationnel» qui cherchent selon lui à «dévaluer, discréditer» l’offensive russe en Ukraine. «Nous devons atteindre nos objectifs, et nous allons les atteindre», a affirmé M. Poutine.
Paris et Berlin «soutiendront l’Ukraine jusqu’au bout de ce conflit», a affirmé la première ministre française Elisabeth Borne vendredi à Berlin aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz.
«Depuis le premier jour de cette guerre brutale, nos deux pays ont apporté un soutien indéfectible à l’Ukraine. (…) Nous avons oeuvré à une réaction européenne forte et commune. Nous sommes, monsieur le Chancelier, pleinement alignés: nous continuerons à le faire. Nous soutiendrons l’Ukraine jusqu’au bout de ce conflit», a déclaré Mme Borne lors d’une conférence de presse commune avec M. Scholz.
Ils sont accusés d’avoir espionné la Suède pendant dix ans au profit de Moscou: le retentissant procès de deux frères suédois, dont un ancien agent des services de renseignements de son pays, s’est ouvert vendredi à Stockholm.
«Cette affaire est unique à de nombreux titres. Nous n’avons pas eu de procès similaire depuis plus de 20 ans», a souligné le procureur Mats Ljungqvist au cours de la première audience.
Les informations obtenues, transmises et vendues par les deux frères, Payam Kia, 35 ans, et Peyman Kia, 42 ans, sont «extrêmement sensibles» et «nuisibles à la sécurité de la Suède», a fait valoir le parquet.
Pour cette raison, une grande partie du procès aura lieu à huis clos et le parquet a requis que de nombreux éléments soient classifiés. «La cour aura accès à des documents que très peu de gens dans ce pays ont pu voir ou avoir à en connaître», a souligné M. Ljungqvist.
Les deux accusés encourent la perpétuité. Selon l’accusation, c’est le renseignement militaire russe, le GRU, qui a bénéficié des informations, entre 2011 et l’arrestation des deux Suédois fin 2021.
Fonctions sensibles au sein de la sécurité
Les deux frères, issus d’une famille d’origine iranienne selon les médias suédois, plaident non coupables. L’aîné, Peyman Kia, est apparu calme devant le tribunal, portant un costume gris sombre et une cravate, a constaté une journaliste de l’AFP.
Il a occupé de nombreuses fonctions sensibles au sein de l’appareil sécuritaire suédois, y compris dans l’armée et dans les services de renseignements de son pays (Säpo). Selon le quotidien de référence Dagens Nyheter, il a même travaillé pour le KSI, l’Office du renseignement spécial, la section la plus secrète du renseignement militaire suédois.
Quant à son frère cadet Payam, il est accusé d’avoir «participé à la planification» du complot et d’avoir «géré les contacts avec la Russie et le GRU, y compris le transfert d’informations et la collecte de la rétribution» financière. Barbu et portant sa tenue verte de prisonnier, il a dissimulé son visage en entrant dans la salle d’audience. Le procès doit durer jusqu’au 12 décembre.
Les patients des hôpitaux de Kherson sont en cours d’évacuation en raison de frappes russes «constantes» sur cette ville du sud de l’Ukraine, dont les forces de Moscou se sont retirées il y a deux semaines, a annoncé vendredi le gouverneur.
«En raison des bombardements russes constants, nous évacuons les patients des hôpitaux de Kherson», a indiqué sur Telegram Iaroslav Ianouchevitch, à la tête de l’administration militaire de Kherson.
Le parlement allemand va définir comme «génocide» la famine en Ukraine provoquée il y a 90 ans par le régime stalinien, l’«Holodomor», un crime de masse qui a acquis une nouvelle résonance depuis l'invasion russe.
C’est dans une rare unanimité que la coalition au pouvoir, formée par le SPD, les Verts et les libéraux du FDP, à laquelle se joint l’opposition conservatrice CDU-CSU, va faire adopter cette résolution mercredi au Bundestag, la chambre basse du parlement.
«Tous les groupes parlementaires démocratiques allemands se sont mis d’accord sur une résolution commune importante sur l’Holodomor», a immédiatement réagi sur Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kuleba, exprimant sa «reconnaissance pour voir honoré le peuple ukrainien».
En 1932 et 1933, environ 3,5 millions d’Ukrainiens ont été victimes de l'»Holodomor" (qui signifie, en ukrainien, extermination par la faim) commis par le régime stalinien. Les récoltes étaient confisquées au nom de la collectivisation des terres.
Un «génocide» dénoncé par le Pape
Cette famine, commémorée en Ukraine le quatrième dimanche de novembre, s’inscrit «dans la liste des crimes inhumains commis par des systèmes totalitaires qui ont fait disparaître des millions de vies humaines en Europe, notamment dans la première moitié du XXe siècle», condamne le projet de résolution, consulté par l’AFP et qui sera adopté mercredi prochain.
Ce crime «fait partie de notre histoire commune en tant qu’Européens». «C’est toute l’Ukraine qui a été touchée par la famine et la répression, et pas seulement ses régions productrices de céréales», souligne le projet de résolution.
«Dans la perspective actuelle, il est donc évident qu’il s’agit d’un génocide sur le plan historique et politique», ajoute-t-il.
Le Bundestag «déduit du propre passé de l’Allemagne une responsabilité particulière, celle d’identifier et de traiter les crimes contre l’humanité au sein de la communauté internationale», explique en outre le texte.
Cette classification comme «génocide», un concept forgé lors de la Seconde guerre mondiale, revêt aussi une signification actuelle, avec l’invasion russe de l’Ukraine.
«Une fois de plus, la violence et la terreur doivent priver l’Ukraine de ses bases vitales et soumettre l’ensemble du pays», souligne le député écologiste Robin Wagener, un des initiateurs du texte. Qualifier l’Holodomor de «génocide» est un «signal d’avertissement», selon lui.
Le président russe Vladimir Poutine «s’inscrit dans la tradition cruelle et criminelle de Staline», dénonce en outre M. Wagener.
L’Ukraine fait campagne depuis des années pour que l’Holodomor soit reconnu comme un génocide. Mercredi, le parlement roumain a voté un texte qualifiant l’Holodomor de «crime contre l’humanité».
La Russie refuse catégoriquement une telle classification, car la grande famine qui a sévi en Union soviétique au début des années 30 n’a pas seulement fait des victimes ukrainiennes, mais aussi russes, kazakhes, allemandes de la Volga et des membres d’autres peuples.
Le président russe Vladimir Poutine a affirmé vendredi, lors d’une rencontre avec des mères de soldats déployés en Ukraine, «partager la douleur» de celles qui ont perdu leurs fils, en les appelant à ne pas croire les «mensonges» sur l’opération militaire.
«Je veux que vous sachiez que moi, personnellement, tous les dirigeants du pays, nous partageons cette douleur. Nous savons que rien ne peut remplacer la perte d’un fils», a déclaré M. Poutine, la mine grave.
Il a ajouté que la fête des mères, célébrée dimanche en Russie, serait marquée cette année par «un sentiment d’anxiété et d’inquiétude», chez les femmes concernées, dont «les pensées seront avec leurs garçons».
Il s’exprimait devant des femmes présentées par le Kremlin comme des mères de soldats combattant en Ukraine, réunies autour d’une table dans la résidence de M. Poutine à Novo-Ogarevo, près de Moscou. La plupart d’entre elles affichaient un visage fermé.
M. Poutine et les autorités russes ne font que rarement référence aux pertes subies en Ukraine par Moscou. Cette rencontre avec des mères de soldats, inédite depuis le début de l’offensive, arrive aussi après des semaines de critiques publiées sur les réseaux sociaux par des proches d’hommes mobilisés au début de l’automne pour combattre en Ukraine.
Nombre de femmes et de mères d’hommes appelés sous les drapeaux ont accusé les autorités de n’avoir pas suffisamment entraîné ou équipé leurs proches avant de les envoyer au front.
«La vie est plus compliquée que ce qu’on voit à la télé ou sur Internet, où on ne peut faire confiance à rien. Il y a beaucoup de fausses informations, des tromperies, des mensonges», a déclaré M. Poutine devant les mères de soldats.
«Cela a toujours été le cas, mais en prenant en compte les technologies modernes, cela est devenu encore plus notable et efficace», a-t-il ajouté, dénonçant des «attaques informationnelles».
Cette mise au point fait écho à des lois votées après le début de l’offensive en Ukraine qui punissent de lourdes peines de prison les personnes accusées de diffuser de «fausses informations» sur l’armée ou de la «discréditer».
Colauréat du Nobel de la paix cette année, le militant bélarusse des libertés civiles Ales Bialiatski, en prison dans son pays, sera représenté par son épouse à la cérémonie de remise de la prestigieuse récompense, a annoncé vendredi l’Institut Nobel.
Attribué début octobre, sur fond de guerre en Ukraine, au militant de 60 ans conjointement avec l’ONG russe Memorial, démantelée sur ordre de la justice russe, et le Centre ukrainien pour les libertés civiles (CCL), le Nobel de la paix sera formellement remis à Oslo le 10 décembre.
De nouveau jeté en prison lors de la répression des manifestations massives contre la réélection –jugée frauduleuse par l’opposition et les Occidentaux– du président autoritaire Alexandre Loukachenko en 2020, Ales Bialiatski y sera donc représenté par son épouse, Natalia Pintchouk.
«Nous sommes très heureux qu’elle soit sortie du Bélarus et tout est en place pour qu’elle puisse participer à la remise (du Nobel) à l’hôtel de ville d’Oslo le 10 décembre», a indiqué le directeur de l’Institut Nobel, Olav Njølstad, dans un courriel.
Memorial sera quant à elle représentée par son président Ian Rachinsky et le CCL par sa cheffe Alexandra Matviïtchouk, a précisé l’Institut.
Le Nobel a été décerné au trio pour leur opposition à l’autocratie et leur engagement en faveur «des droits humains, de la démocratie et de la coexistence pacifique dans les trois pays voisins Bélarus, Russie et Ukraine».
Depuis des semaines, leurs vidéos inondent l’internet russophone: des mères et des femmes de soldats russes mobilisés pour combattre en Ukraine se réunissent à travers la Russie et exigent le respect des promesses du président Vladimir Poutine.
Le Kremlin, après avoir ordonné une mobilisation partielle en septembre, avait assuré que les centaines de milliers d’enrôlés suivraient un entraînement solide, recevraient un bon équipement et ne seraient pas envoyés en première ligne.
Mais de nombreuses violations ont été recensées: mort au front de mobilisés; mobilisation d’hommes inaptes, de pères de familles nombreuses ou trop âgés; absence d’équipement adéquat et de formation militaire pour nombre d’appelés.
Inquiétude
Cette mobilisation désordonnée, qui a poussé le pouvoir à admettre des «erreurs», a répandu l’inquiétude parmi les proches des soldats envoyés en Ukraine.
Cette inquiétude, qui risque de dégénérer en grogne, place le Kremlin dans une situation délicate: si les autorités répriment de façon implacable toute remise en cause de l’offensive en Ukraine, la parole des femmes de soldats est sacrée et les emprisonner choquerait en Russie.
«Des mères sorties de sa manche»
Signe que le pouvoir prend cela au sérieux, Vladimir Poutine doit pour la première fois rencontrer vendredi des mères de militaires envoyés en Ukraine. Mais certains proches anticipent déjà une réunion soigneusement chorégraphiée, sans discussion sur le fond.
Vladimir Poutine va rencontrer «des mères sorties de sa manche, qui vont poser les questions adéquates et le remercier, comme à chaque fois», regrette Olga Tsoukanova, mère d’un jeune homme qui fait son service militaire.
«Vladimir Vladimirovitch, réponds à nos questions!», lance cette femme qui veut s’assurer que son fils de 20 ans ne sera pas envoyé illégalement au front ou à la frontière avec l’Ukraine, où les obus tombent aussi.
Elle est venue spécialement à Moscou depuis la ville de Samara, à 900 km à l’est, dans l’espoir d’être reçue au Kremlin. En vain. «J’imagine qu’ils ont peur qu’on pose des questions embarrassantes. Mais il faut régler le problème!»
Demander des comptes
Le président russe sait combien le sujet des proches de soldats est sensible. En août 2000, lors du naufrage du sous-marin russe Koursk qui a causé la mort de ses 118 membres d’équipage, il avait été vivement critiqué, accusé d’avoir tardé à réagir. Puis il avait donné un premier tour de vis aux médias.
Lors des deux guerres de Tchétchénie, un mouvement de mères de soldats avait aussi embarrassé le pouvoir et renforcé un sentiment de mécontentement à travers la société russe.
Cette fois, face à un climat de répression accru, les protestations de femmes et de mères de soldats ne remettent pas frontalement en cause l’offensive en Ukraine, mais certaines dénoncent les conditions dans lesquelles leurs proches y sont envoyés.
Et leur statut de mères et d’épouses d’hommes mobilisés, partis servir la patrie, leur donne une légitimité et une forme de protection face aux persécutions, le pouvoir ne pouvant pas les considérer comme des opposantes ordinaires.
Fonction de «père collectif» des mobilisés
Dans la société russe, «il y a le sentiment inconscient que les femmes ont le droit» de demander des comptes au pouvoir, note Alexeï Levinson, sociologue au centre indépendant Levada.
Ces femmes «demandent que l’État remplisse sa fonction de «père collectif» des mobilisés», ajoute-t-il. «Quand l’État ou le commandant militaire ne remplissent pas leurs fonctions, les femmes font des réclamations».
Pour l’heure, le mouvement est disparate, peu coordonné. Les appels de proches en détresse sont diffusés sur les réseaux sociaux, où des collectifs informels s’agglomèrent autour de figures de proue.
C’est le cas d’Olga Tsoukanova qui milite aussi parallèlement pour une opposante controversée, Svetlana Peounova, recherchée en Russie et accusée de promouvoir des théories du complot.
Dans un climat de répression exacerbé, d’autres femmes craignent quand même de s’attirer des problèmes ou d’aggraver la situation de leurs proches en parlant à la presse, en particulier étrangère.
«Nous avons envoyé des lettres officielles aux autorités», écrit à l’AFP l’une d’elles, sous couvert d’anonymat. «Ce ne sont pas les journalistes qui vont sortir nos hommes des tranchées et on ne veut pas leur causer encore plus de problèmes.»
L’ONU demande une investigation criminelle indépendante sur l’exécution présumée de 12 soldats russes à Makiivka, en Ukraine. Le Haut commissaire aux droits de l’homme Volker Türk s’est dit vendredi à Genève «choqué» par les accusations de telles exactions contre des prisonniers de guerre ukrainiens comme russes.
La Mission de l’ONU de surveillance des droits humains en Ukraine examine du matériel sur les exécutions présumées. Si celles-ci se confirment, elles constitueront des «crimes de guerre», insiste le Haut commissaire.
La Mission se penche notamment sur les vidéos qui montrent la reddition de soldats russes ou affiliés à Makiivka durant laquelle un homme aurait ouvert le feu sur des militaires ukrainiens. Les cadavres de 12 Russes sont ensuite dévoilés. Certains accusent l’Ukraine d’exécutions sommaires.
Selon les analyses préliminaires, les vidéos semblent «très probablement» authentiques, selon la Mission. «Les circonstances exactes» doivent faire l’objet d’une investigation et les responsables poursuivis, ajoute Volker Türk. Les autorités ukrainiennes ont ouvert une procédure mais celle-ci doit être «rapide» et indépendante», selon le Haut commissaire qui appelle les parties à honorer le droit international humanitaire (DIH) en ne recourant pas à des exécutions de prisonniers de guerre.
«Difficultés extrêmes»
Il a aussi dénoncé vendredi à Genève la poursuite des frappes de missiles et de drones par la Russie. «Des millions de personnes sont plongées dans des difficultés extrêmes et des conditions déplorables», estime l’Autrichien. Il ajoute que cette situation pose «de graves problèmes» de DIH.
Selon la Mission de l’ONU, au moins huit civils ont été tués mercredi par des missiles et 45 ont été blessés à Kiev et dans la région autour de cette ville. Un bébé de deux mois a été tué par un assaut sur un centre de santé à Vilniansk. Depuis un mois et demi et le début des tirs de missiles russes contre plusieurs villes d’Ukraine, plus de 70 civils ont été tués, aussi selon l’ONU. Près de quatre fois plus ont été blessés, dit l’organisation.
Les températures plus froides et les assauts contre les infrastructures en Ukraine n’ont pas encore abouti à des «départs massifs» du pays, selon l’ONU. La Croix-Rouge s’attend elle à des mouvements dans les prochains mois.
«La situation continue de se détériorer», a affirmé vendredi à la presse à Genève une porte-parole du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR). L’agence onusienne se prépare à plusieurs scénarios et continue d’oeuvrer pour assister la population face aux températures plus froides.
De son côté, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) semble plus pessimiste. «Il y aura davantage de mouvements dans les prochains mois. Nous le voyons déjà», a affirmé l’une de ses responsables depuis Kiev. Au total, la guerre a fait près de 7,9 millions de réfugiés et plus de 6 millions sont déplacés.
Lire notre article: Dans la banlieue de Kiev, la guerre du froid est déclarée
Autre problème, les assauts contre les centres de santé en Ukraine ont dépassé la barre des 700 depuis le début de l’offensive russe. Une centaine de victimes ont été recensées, a précisé une porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Membres du personnel de santé tués
Davantage de personnes encore ont été blessées. Plus de 600 centres de santé ont été affectés, de même que des dizaines de membres du personnel. «Le système de santé continue de fonctionner» même si l’accès est plus difficile, affirme toutefois la porte-parole.
L’OMS, le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU ou la FICR oeuvrent pour aider à faire face aux pénuries d’électricité. Avec les attaques contre les infrastructures également dans l’ouest du pays, la prise en charge de patients du reste du pays devient plus difficile, selon la responsable de la FICR. Des dizaines d’unités de la Croix-Rouge ukrainienne aident.
Une trentaine de camions de la FICR ont acheminé de la nourriture ou du matériel. Ce dispositif va se poursuivre chaque jour dans les prochaines semaines. Plus de 4 millions de personnes ont besoin d’assistance, affirme également la responsable de la FIRC. Ce chiffre doit augmenter dans les prochains mois, selon elle.
La possibilité offerte aux réfugiés ukrainiens d’échanger en espèces leur monnaie prend fin au profit des transactions sans numéraire. Lire notre article.
Près de la moitié des habitants de Kiev étaient toujours privés d’électricité vendredi, deux jours après des frappes russes ayant visé des infrastructures essentielles, a indiqué le maire de la capitale ukrainienne Vitali Klitschko.
«Un tiers des logements de Kiev ont déjà du chauffage, les spécialistes continuent de le rétablir dans la capitale. La moitié des consommateurs sont toujours privés d’électricité», a écrit Vitali Klitschko sur le réseau social Telegram.
«Au cours de la journée, les compagnies d’énergie prévoient de raccorder l’électricité pour tous les consommateurs en alternance», a-t-il promis, alors que les températures approchaient zéro degré Celsius avec de la pluie.
Le président du conseil d’administration de l’opérateur électrique national, Ukrenergo, Volodymyr Koudrytsky, a de son côté estimé que le système énergétique ukrainien avait désormais «passé le stade le plus difficile» après l’attaque.
L’électricité est partiellement restaurée dans les régions et «le système énergétique est à nouveau connecté au système énergétique de l’Union européenne», a-t-il indiqué sur Facebook.
Des millions d’Ukrainiens avaient passé la journée de jeudi sans courant, notamment à Kiev, au lendemain de frappes massives de missiles russes ayant une nouvelle fois visé les infrastructures d’approvisionnement en eau et en électricité.
Cette stratégie russe a été qualifiée de «crimes de guerre» par les alliés occidentaux de l’Ukraine.
L’Ukraine s’attelait vendredi à réparer des infrastructures énergétiques, endommagées par des frappes russes massives, et à réapprovisionner des millions d’Ukrainiens sans chauffage et sans lumière au moment où l’hiver s’installe.
Le système énergétique ukrainien est au bord de l’effondrement et des millions de personnes ont subi des coupures de courant d’urgence ces dernières semaines. Le président Volodymyr Zelensky a estimé que la nouvelle stratégie de Moscou visant à plonger l’Ukraine dans le noir n’affaiblirait pas la détermination de son pays.
«C’est une guerre de force, de résilience, il s’agit de savoir qui est le plus fort», a-t-il déclaré, dans un entretien au «Financial Times» publié vendredi. Une quinzaine de régions rencontraient des problèmes avec l’approvisionnement en eau et en courant.
«La situation avec l’électricité reste difficile dans presque toutes les régions. Cependant, nous nous éloignons progressivement des coupures et chaque heure, nous rebranchons l’électricité pour de nouveaux consommateurs», a aussi déclaré Volodymyr Zelensky dans son allocution jeudi soir.
Avec l’hiver qui s’abat sur la ligne de front dans l’Est de l’Ukraine, transformant les routes en boue arrosée par la neige et la pluie, les soldats ont désormais deux ennemis supplémentaires: les maladies et les pannes de courant.
Malgré le froid et les conditions météorologiques peu propices aux offensives, les troupes russes poursuivent leurs attaques incessantes, selon les militaires ukrainiens interrogés par l’AFP. «Ils sont comme des zombies. On leur tire dessus, mais il en arrive toujours plus», témoigne un soldat de trente ans qui répond au nom de guerre de «Kit» ("Baleine").
Les premières neiges ont récemment saupoudré la zone avant de fondre, accompagnées de pluies verglaçantes qui arrosent cette région industrielle quasi quotidiennement. «Je souffre de la pluie. Nous vivons littéralement dans un marais. Hier, je suis allé à l’hôpital et je ressemblais à un gros tas de boue», raconte, dépité, le soldat «Kit».
D’autres militaires ont confié à l’AFP que de nombreuses troupes commençaient à souffrir du fameux «pied de tranchée», maladie qui provoque le gonflement et l’engourdissement des membres et qui touchait un grand nombre de soldats pendant la Première Guerre mondiale, d’où son nom.
«L’infanterie est le cœur de chaque armée et elle souffre beaucoup», constate «Taller», un jeune homme de 24 ans combattant dans une unité des forces spéciales, à l’issue d’une séance d’entraînement.
«Leurs bottes sont toujours mouillées. Ils dorment de manière très sporadique. Parfois, ils ont des problèmes d’approvisionnement en nourriture», révèle-t-il.
Pour aider à lutter contre l’arrivée de l’hiver, des bénévoles ont mis en place de vastes dépôts remplis de ravitaillement fourni aux unités.
Dans un centre de distribution de la ville de Sloviansk, dans l’Est, Slava Kovalenko dit distribuer des milliers de kilogrammes de marchandises chaque semaine, notamment des vêtements, des médicaments, des bougies et des aliments en conserve.
«Les vêtements chauds sont très demandés, les sous-vêtements longs, les médicaments contre la grippe, le thé médicinal, la pommade antidouleur… Tout le monde vient ici pour demander ça», explique Slava Kovalenko. Et sur le front, les combats se poursuivent.
Jeudi, à la périphérie de Bakhmout, une ville que les Russes tentent de prendre depuis des mois, le soleil a percé un ciel couvert alors que des colonnes de batteries d’artillerie, de véhicules de combat et de chars ukrainiens parsemaient la vallée.
Le bruit de la bataille y était assourdissant, au moment où un fantassin du nom de guerre de «Rambo» jetait un regard sur les combats au sommet d’une colline.
«On s’attend à une contre-offensive» russe, révèle-t-il en tirant une bouffée sur une cigarette électronique.
Depuis le retrait début novembre des troupes russes de Kherson, dans le Sud, le Donbass est devenu le point le plus chaud du front. Les lignes de contact sont plus courtes et la densité des forces en présence plus forte.
«Notre moral est extrêmement élevé», assure pour autant un autre soldat surnommé «IT Guy» ("Informaticien"). «Dans cette zone, nous avons augmenté le nombre de nos troupes et accru nos mouvements offensifs.»
Face à ses revers sur le champ de bataille, l’armée russe a multiplié les attaques aux missiles et aux drones sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes, provoquant des coupures massives de courant.
L’électricité est désormais rationnée, obligeant les hôpitaux de la région à s’appuyer sur des générateurs de secours pour garder les lumières allumées et soigner les soldats et civils blessés. «La façon dont ils combattent et ciblent les infrastructures civiles ne peut provoquer que de la fureur», souligne Oleksiï Iakovlenko, administrateur d’un hôpital de la ville de Kramatorsk, qui dit rester d’une détermination inébranlable.
«S’ils attendent de nous que nous tombions à genoux et que nous rampions vers eux, cela n’arrivera pas», lance-t-il.
A Lyman, les quelques habitants qui sont restés dépendent largement de l’aide humanitaire et du bois de chauffage. L’électricité et le gaz sont quasi totalement coupés dans leurs immeubles depuis le printemps. La plupart d’entre eux sont trop pauvres et trop âgés pour déménager.
«Je ne sais pas comment nous allons passer l’hiver», constate Tatiana Koutepova, 62 ans, une résidente. «Peut-être que nous allons geler et qu’ils vont nous emmener à Masliakivka, notre cimetière».
Reporters sans Frontières a annoncé jeudi avoir saisi le Conseil d’État contre la décision de l’Arcom de ne pas intervenir auprès de l’opérateur satellitaire français Eutelsat concernant la diffusion, en Russie, de trois chaînes russes accusées de «propagande de guerre».
RSF avait saisi début septembre l’Arcom, le régulateur français de l’audiovisuel, pour lui demander de mettre en demeure Eutelsat de cesser la diffusion des chaînes Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV en Russie, en Ukraine et dans les pays baltes.
En cause, la propagation de «propos relevant, en droit français, de l’incitation à la haine et à la violence contre la population ukrainienne (…) voire de l’incitation au génocide».
Cette saisine concernait la distribution vers la Russie et l’Ukraine occupée par Eutelsat des «bouquets russes NTV+ et Trikolor», diffuseurs des trois chaînes auprès de 15 millions d’abonnés, soit un quart des ménages russes.
Mais dans une décision rendue fin septembre, l’Arcom s’est déclarée incompétente, estimant qu’une mise en demeure d’Eutelsat n’était pas «fondée en droit et en fait», selon sa réponse à RSF, consultée par l’AFP.
Dans une requête déposée devant le Conseil d’État – la plus haute juridiction administrative française – le 17 novembre 2022 et consultée par l’AFP, RSF demande l’annulation de ce «refus» d’agir. S’y ajoute «un référé suspension, demandant au juge administratif de reconnaître l’urgence à suspendre la décision de l’Arcom, et de la déclarer illégale», selon un communiqué de l’ONG.
Pour justifier sa décision, l’Arcom invoque notamment le nombre «très limité» de citoyens européens ayant accès aux chaînes visées, cryptées. Un argument «pas valide», selon RSF, ces médias étant «accessibles dans les pays baltes, au sein même» de l’Union européenne.
L’ONG reproche en outre au régulateur d’évacuer à tort un critère la rendant compétente, celui «de l’utilisation d’une capacité satellitaire relevant de la France». Contactée par l’AFP, l’Arcom a estimé qu’il «appartiendra(it) au Conseil d’État de statuer» sur cette question, distincte de mesures déjà prises sur le territoire français par Eutelsat.
A la demande de l’Arcom, l’opérateur a ainsi cessé, en août, la diffusion en Europe de la chaîne russe NTV Mir, après avoir stoppé en mars celle de RT, à la demande de l’UE.
RSF avait dénoncé dès juillet l’activité d’Eutelsat en Russie, appelant l’opérateur et l’État français – son actionnaire principal via Bpifrance – à cesser leur «contribution à la propagande russe». Eutelsat avait alors invoqué un «principe de neutralité» et la responsabilité des «régulateurs nationaux».
Au moins quatre personnes ont été tuées et dix blessées jeudi dans un bombardement russe sur la ville de Kherson, dans le Sud de l’Ukraine, d’où les troupes de Moscou se sont retirées il y a deux semaines, a annoncé le gouverneur.
«Les envahisseurs russes ont ouvert le feu sur un quartier d’habitations à l’aide de lance-roquettes multiples. Un grand immeuble a pris feu», a indiqué sur Telegram Iarovslav Ianouchevitch, à la tête de l’administration militaire de Kherson.
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