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La république de Recep Tayyip Erdogan ne veut plus qu’on l’appelle « Turkey » dans les instances internationales, mais uniquement par son nom « Türkiye ». La demande du président, qui a été officiellement acceptée par l’ONU, poursuit des objectifs à usage interne.
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La Turquie change de nom… à l’ONU
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à la 76e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, mardi 21 septembre 2021.
Mary Altaffer/AP
Dans la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan, on ne plaisante plus avec le nom de son pays. À la suite d’un courrier officiel d’Ankara remis aux Nations unies mercredi 1er juin, la Turquie doit dorénavant être désignée par son nom turc « Türkiye » dans toutes les langues. Ce changement de nom doit être effectif dans les différents échanges internationaux. Il lui permet ainsi d’échapper aux connotations négatives associées à son ancien nom en anglais (Turkey), qui signifie « dinde » et peut prêter à confusion.
C’est le ministre turc des affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, qui a porté la volonté du président Recep Tayyip Erdogan à ce sujet. Le mardi 31 mai, il s’est adressé au secrétaire général de l’ONU sur son compte Twitter en réclamant que « le nom de (leur) pays à l’ONU, en langues étrangères, soit enregistré comme Türkiye ». Le lendemain, un courrier officiel d’Ankara était adressé aux Nations unies en ce sens.
Comme le souligne le chef de la diplomatie d’Ankara, ce souhait du président n’est pas nouveau. En janvier, une campagne de publicité a été lancée en Turquie pour que le nom « Türkiye » soit davantage utilisé par les milieux d’affaires, les professionnels du tourisme, etc. Depuis quelques années, Ankara cherche à imposer à l’international la marque « made in Türkiye », et non plus le traditionnel « made in Turkey ».
Avec ce changement d’étiquette, Recep Tayyip Erdogan cherche, précise-t-il, à « augmenter la valeur de la marque de (son) pays ». Au pouvoir depuis vingt ans, il entend ainsi renforcer sa stature de chef d’État, tout en affirmant son leadership sur la scène internationale. Mais il se place aussi en tant que meilleur défenseur du respect dû à la Turquie à l’extérieur de ses frontières.
Cette décision intervient au moment où le pays connaît une inflation record à 73,50 % sur un an au mois de mai, soit le plus haut pourcentage atteint depuis 1998, selon les données officielles.
Recep Tayyip Erdogan songe également à son avenir politique : s’il entend se présenter au prochain scrutin présidentiel en juin 2023, il sera satisfait de pouvoir se prévaloir de ce changement historique.
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